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PNCS paralysé dans le Sud-Est : sous l’administration d’Alix Didier Fils-Aimé, l’administration publique haïtienne s’enfonce dans le chaos

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Après huit mois sans salaire, des employés du Programme National de Cantine Scolaire (PNCS) dans le Sud-Est ont fermé les bureaux de l’institution afin de dénoncer l’abandon de l’État haïtien. Cette nouvelle crise vient s’ajouter aux accusations de mauvaise gestion, de corruption et de paralysie administrative visant déjà plusieurs institutions publiques sous l’administration d’Alix Didier Fils-Aimé.

La crise continue de ravager l’administration publique haïtienne sous le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé. Cette fois, c’est le Programme National de Cantine Scolaire (PNCS) dans le Sud-Est qui explose sous le poids des retards de paiement, de l’abandon administratif et du silence des autorités.

Affiche placardée par des employés du PNCS Sud-Est pour dénoncer huit mois sans salaire et interpeller directement les autorités sur leurs conditions de vie devenues insoutenables.

Après huit mois sans salaire, des employés du PNCS ont fermé les portes du bureau départemental ce mercredi 20 mai 2026 afin de dénoncer une situation devenue insupportable. Ces travailleurs, chargés d’assurer l’alimentation scolaire de milliers d’enfants, affirment aujourd’hui ne plus être capables de nourrir leurs propres familles.

Le mouvement paralyse désormais complètement les activités du bureau du PNCS et du BDS dans le département.

« Nou mande mouche leta, nou bouke, nou pa pral nan gang, peye nou 8 mwa salè ou dwe nou an » : après huit mois sans salaire, les employés du PNCS du Sud-Est affichent leur colère contre l’abandon de l’État haïtien.

Les employés dénoncent directement l’inaction du ministre de l’Éducation nationale, Vijonet Déméro, ainsi que le silence du directeur général du PNCS, Lucson Philémond, accusés de laisser les employés sombrer dans la misère.

Pour plusieurs observateurs, cette nouvelle crise confirme qu’avec l’administration d’Alix Didier Fils-Aimé, c’est l’ensemble de l’administration publique haïtienne qui s’effondre progressivement : institutions paralysées, employés abandonnés, services publics dysfonctionnels, retards de paiement généralisés et absence totale de réponses concrètes face aux urgences sociales.

Derrière les grilles fermées, les bureaux du PNCS témoignent d’une administration paralysée par des mois d’abandon, de retards de paiement et de silence des autorités haïtiennes.

Après le PNCS dans le Sud-Est, plusieurs autres institutions publiques sont désormais accusées de sombrer dans la mauvaise gestion totale.

À l’Administration générale des Douanes (AGD), des employés ont bloqué l’accès aux bureaux les 27, 28 et 29 avril 2026 afin d’exiger le départ du directeur général Gérald Remplais, accusé de mauvaise gestion, de favoritisme et de persécution contre certains employés dénonçant des irrégularités administratives.

À l’OAVCT, plusieurs sources internes accusent l’administration de Jocelyn Pierre d’avoir plongé l’institution dans le chaos à travers l’incompétence, les blocages administratifs et des pratiques assimilées à de la corruption. Certaines sources affirment également que des dossiers incomplets liés à des véhicules volés auraient été facilités au sein de l’institution sous sa direction.

Au FAES, le directeur général Kesner Romilus est accusé par certains observateurs de complicité indirecte avec des groupes armés à travers des distributions de nourriture qui auraient bénéficié à des zones sous contrôle de gangs, alors que ces aides étaient destinées aux populations les plus vulnérables, victimes de l’insécurité.

Malgré l’accumulation des crises dans plusieurs institutions publiques, aucune réforme majeure ni mesure visible de redressement administratif n’a encore été annoncée par le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé.

Pour de nombreux citoyens, cette situation démontre qu’un État haïtien pris en otage par la mauvaise gouvernance, l’irresponsabilité et les intérêts politiques a complètement failli à sa mission de protéger ses travailleurs et de garantir les services publics essentiels.

Pendant que les autorités multiplient les discours politiques, des programmes essentiels comme les cantines scolaires s’enfoncent dans le chaos. Plusieurs observateurs avertissent que cette paralysie pourrait avoir de lourdes conséquences sur des milliers d’enfants vulnérables dépendant des repas scolaires dans plusieurs communes du Sud-Est.

Face à cette crise, plusieurs voix réclament le paiement immédiat des huit mois d’arriérés, un audit complet de la gestion financière du PNCS ainsi qu’une intervention urgente du ministère de l’Économie et des Finances afin d’éviter l’effondrement total du programme.

Les employés maintiennent pour l’instant leur mouvement et préviennent que la fermeture du bureau se poursuivra tant qu’aucune mesure concrète ne sera annoncée. Entre salaires impayés, corruption dénoncée, favoritisme, institutions paralysées et services publics en ruine, plusieurs citoyens estiment désormais que l’administration d’Alix Didier Fils-Aimé symbolise l’un des plus graves effondrements administratifs de l’État haïtien contemporain.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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