« Sa se dosye DG » : Jocelyn Pierre accusé de protéger des dossiers de véhicules volés à l’OAVCT, des employés appellent à l’intervention du BLVV
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Installé officiellement le 4 mars 2026 à la tête de l’Office d’Assurance Véhicule Contre Tiers (OAVCT) sous les promesses de redressement administratif et de renforcement de la sécurité routière, Jocelyn Pierre est aujourd’hui au centre de graves accusations de corruption, de favoritisme et de protection présumée de dossiers liés à des véhicules volés.
Lors de son installation, présidée par le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, les autorités avaient rappelé le rôle stratégique de l’OAVCT dans la traçabilité des véhicules et la stabilité administrative du pays. Quelques mois plus tard, plusieurs employés dénoncent exactement le contraire : une institution plongée dans le chaos, paralysée par les blocages administratifs, les retards de paiement et des pratiques internes jugées extrêmement dangereuses.

Selon plusieurs témoignages recueillis au sein de l’institution, des véhicules d’origine douteuse parviendraient à obtenir plaques d’immatriculation, documents et autorisations officielles grâce à des interventions internes protégées au plus haut niveau.
Des employés affirment que certains dossiers seraient devenus intouchables à l’intérieur de l’OAVCT. Une phrase reviendrait régulièrement dans les bureaux : « Sa se dosye DG, ou pa ka manyen li », pour empêcher toute vérification ou blocage de dossiers sensibles liés à l’administration.
Pour plusieurs syndicalistes, qui souhaitent maintenir l’anonymat en raison de la gravité du dossier et pour leur sécurité, cette situation dépasse désormais le simple cadre de l’incompétence administrative. Ils dénoncent l’existence d’un système de protection interne qui favoriserait potentiellement la régularisation illégale de véhicules volés au profit de réseaux bénéficiant de complicités à l’intérieur même de l’institution.

Pendant que des dossiers sensibles circuleraient sous protection, plusieurs employés expérimentés seraient marginalisés, déplacés ou révoqués sous prétexte de restrictions budgétaires, alors que des proches de l’administration continueraient d’être placés à des postes stratégiques.
Face à la gravité des accusations, des appels se multiplient pour exiger l’intervention immédiate de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), particulièrement du Bureau de lutte contre le vol de véhicules (BLVV), afin de démanteler tout réseau impliqué dans la régularisation de véhicules volés au sein ou autour de l’OAVCT.
Pour de nombreux observateurs, l’affaire pourrait devenir l’un des plus graves scandales administratifs touchant l’OAVCT ces dernières années, avec des conséquences directes sur la sécurité publique, la circulation de véhicules criminels et la crédibilité de l’État haïtien.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
