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Cap-Haïtien : 20 000 gourdes pour récupérer une moto saisie, la colère gronde contre le maire Michel Saint-Croix

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22 juillet 2026
La colère monte chez de nombreux chauffeurs de taxi-moto au Cap-Haïtien. Plusieurs d’entre eux dénoncent ce qu’ils qualifient de pratiques abusives de la mairie, affirmant qu’ils sont contraints de payer des sommes qu’ils jugent exorbitantes pour récupérer leur propre motocyclette après une saisie.

Un document présenté par des chauffeurs et consulté par notre rédaction montre une « Autorisation de récupération de véhicule » délivrée par la Mairie du Cap-Haïtien, datée du 20 juillet 2026. Sur cette autorisation figure notamment une mention manuscrite indiquant un paiement de 20 000 gourdes avant la restitution du véhicule.

Pour les chauffeurs concernés, cette somme représente un véritable coup de massue. Beaucoup rappellent que le taxi-moto est leur seul moyen de subsistance dans un pays où le chômage frappe durement la jeunesse. Chaque jour sans moto signifie une journée sans revenu, sans possibilité de nourrir leur famille ou de répondre à leurs besoins essentiels.

« On nous enlève notre outil de travail et on nous demande ensuite des dizaines de milliers de gourdes pour le récupérer. C’est une double peine », déplore un conducteur rencontré au Cap-Haïtien.

Les protestataires estiment qu’il ne s’agit plus de simples mesures administratives, mais d’une politique qui pénalise les plus vulnérables. Ils accusent l’administration municipale de transformer les opérations de contrôle en source de revenus, au détriment de citoyens qui tentent simplement de gagner leur vie honnêtement.

Face à cette situation, plusieurs chauffeurs réclament le départ du magistrat Michel Saint-Croix, qu’ils tiennent pour responsable de cette gestion qu’ils jugent injuste. Selon eux, les autorités devraient accompagner les jeunes qui créent leur propre emploi au lieu de les accabler avec des frais qu’ils considèrent disproportionnés.

Au-delà de la contestation, une question revient avec insistance : où va l’argent collecté à travers ces paiements ? Les montants exigés soulèvent des interrogations auxquelles les autorités doivent répondre.

Les habitants demandent l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante afin de vérifier la légalité de ces perceptions, leur base réglementaire, leur mode de gestion ainsi que la destination des fonds encaissés. Ils souhaitent que toute la lumière soit faite sur ce dossier et que les responsables rendent des comptes si des irrégularités sont établies.

Dans un contexte économique déjà extrêmement difficile, beaucoup estiment que les pouvoirs publics devraient encourager les initiatives qui permettent aux jeunes de travailler, plutôt que d’imposer des charges financières susceptibles de les priver de leur unique source de revenus.

La mairie du Cap-Haïtien n’a, pour l’heure, pas réagi publiquement. Ses explications seront essentielles pour éclaircir les conditions de perception de ces frais et répondre aux préoccupations exprimées par les chauffeurs de taxi-moto.

Par Sanon Marc-Antoine

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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