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Carte d’identité : jusqu’à 2 500 gourdes pour accélérer un service gratuit, sous l’administration de Reynold Guerrier, l’ONI est inondé par la corruption

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Obtenir une carte nationale d’identification (CIN) devrait être une démarche simple et gratuite. Pourtant, pour de nombreux Haïtiens, c’est devenu un parcours humiliant, marqué par de longues attentes, des retards injustifiés et, trop souvent, des demandes d’argent illégales.

Dans plusieurs bureaux de l’Office national d’identification (ONI), notamment à Tabarre et à Croix-des-Bouquets, des citoyens affirment qu’on leur réclame jusqu’à 2 500 gourdes pour accélérer la délivrance ou la réimpression de leur carte. En province, surtout à Gonaïves, le manque de personnel et les dysfonctionnements prolongent encore les délais, ouvrant la voie aux passe-droits et à la corruption.

Ces pratiques ne datent pas d’hier, mais elles continuent de ternir l’image d’une institution essentielle au fonctionnement de l’État. Face à cette situation, le directeur général de l’ONI, Reynold Guerrier, ne peut plus se taire.

Pourquoi les citoyens doivent-ils payer pour un document que l’État est censé délivrer gratuitement ?

Combien d’agents ont été sanctionnés pour extorsion depuis sa prise de fonction à la tête de l’institution ?

Pourquoi les réseaux de solliciteurs continuent-ils d’opérer aussi librement devant certains bureaux de l’ONI ?

Au moment même où le gouvernement évoque les élections, une autre question se pose : comment garantir un vote crédible si des milliers d’Haïtiens peinent encore à obtenir leur pièce d’identité principale ?

La CIN n’est pas une faveur. C’est un droit. Et tant que l’ONI restera associé à la corruption, aux retards et au désordre administratif, ce sont les citoyens les plus vulnérables qui continueront d’en payer le prix.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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