Insécurité : trois enlèvements signalés en moins de 24 heures à Delmas, deux ressortissants coréens parmi les victimes
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La commune de Delmas a de nouveau été frappée par une série d’enlèvements qui ravivent les inquiétudes autour de la dégradation de la sécurité en Haïti. En moins de 24 heures, trois cas de kidnapping ont été signalés dans différents secteurs de la commune, selon des informations relayées ce vendredi 31 juillet 2026.
Le dernier incident s’est produit dans la matinée à Delmas 33, non loin de l’Hôpital La Paix. Deux ressortissants coréens auraient été enlevés par des individus armés. Au cours de l’attaque, au moins un policier affecté à leur sécurité a été blessé par balle alors qu’il tentait de faire face aux ravisseurs.
Selon les premières informations disponibles, les assaillants circulaient à bord d’un Toyota Prado noir et d’un Toyota Hilux avant de prendre la fuite avec leurs victimes. À ce stade, l’identité des personnes enlevées n’a pas été rendue publique.
Ce rapt survient moins de vingt-quatre heures après deux autres enlèvements signalés dans la même commune. Un premier cas a été rapporté à Delmas 65, tandis qu’un autre incident s’est produit dans la soirée du jeudi 30 juillet 2026 à Delmas 33, où au moins deux personnes avaient également été blessées par balles.
Cette succession d’enlèvements en si peu de temps illustre une nouvelle fois le climat d’insécurité qui continue de régner dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Malgré les annonces des autorités promettant de reprendre le contrôle des zones les plus sensibles, les groupes criminels semblent poursuivre leurs opérations avec une inquiétante facilité.
L’enlèvement de deux ressortissants étrangers soulève également des préoccupations quant à l’image d’Haïti et aux risques encourus par les missions diplomatiques, les investisseurs ainsi que les organisations internationales présentes dans le pays.
Au-delà de l’émotion suscitée par ces nouveaux kidnappings, cette recrudescence de la violence nourrit aussi le débat politique. Plusieurs observateurs et citoyens estiment que la détérioration continue de la situation sécuritaire pourrait compromettre la tenue des élections annoncées pour cette année. Certains pointent du doigt le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’ils accusent de ne pas démontrer une volonté pour rétablir la sécurité et créer les conditions nécessaires à l’organisation du scrutin.
Des voix critiques soutiennent également que la prolongation de la transition profiterait au pouvoir en place, alors que l’insécurité continue de gagner du terrain et que la gestion des ressources publiques fait l’objet de nombreuses critiques.
Alors que les familles des victimes vivent dans l’angoisse, une question s’impose : combien de kidnappings faudra-t-il encore avant que des mesures concrètes permettent de freiner ce fléau qui continue d’endeuiller les familles haïtiennes, d’affaiblir l’économie nationale et de ternir davantage l’image du pays ? Plus de quatre ans après le début de la transition, la sécurité demeure l’une des principales attentes de la population, qui continue de réclamer des résultats concrets face à une criminalité toujours plus audacieuse.
Par Sanon Marc-Antoine
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
