Côte d’Ivoire : Koffo Doga Séverin et Attafoua Liliane Flore, dirigeants de KDS Holding, condamnés à 20 ans de prison pour escroquerie et blanchiment de capitaux
4 min read
Le 29 juillet 2026, le Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’Abidjan a rendu son verdict dans l’affaire KDS Holding, considérée comme l’un des plus importants dossiers de fraude financière de ces dernières années en Côte d’Ivoire. Koffo Doga Séverin, président-directeur général de l’entreprise, et son épouse, Attafoua Liliane Flore, ont été condamnés à 20 ans de prison ferme pour escroquerie par appel public à l’épargne et blanchiment de capitaux.
Le tribunal leur a également infligé une amende de 10 millions de FCFA chacun. KDS Holding devra, de son côté, verser plus de 51,192 milliards de FCFA à l’État. Cette décision ouvre aussi la voie à l’indemnisation des nombreuses victimes qui avaient investi dans les activités de la société.
L’enquête, ouverte il y a deux ans, portait sur un système d’investissement présenté comme une activité de véhicules de transport avec chauffeur (VTC). Selon les autorités judiciaires, des milliers de personnes avaient été convaincues d’investir en échange de la promesse de rendements élevés.

En rendant sa décision, la présidente du tribunal a précisé que l’escroquerie constituait l’infraction principale retenue contre Koffo Doga Séverin, tandis que le blanchiment de capitaux était le principal chef d’accusation visant KDS Holding.
La juridiction a également clarifié les modalités d’indemnisation des victimes. Seule la Fédération ivoirienne pour l’entente et la renaissance (FIER), régulièrement constituée comme partie civile, bénéficiera d’une prise en charge collective. Les autres victimes devront être indemnisées individuellement.
Parmi les trois personnes poursuivies dans cette affaire, seul Khalil Al Heloun, employé de KDS Holding, a été relaxé des accusations de blanchiment de capitaux.
En revanche, Koffo Doga Séverin et Attafoua Liliane Flore ont été reconnus coupables d’une escroquerie portant sur 10,5 milliards de FCFA ainsi que de blanchiment de capitaux. Présent à l’audience, Koffo Doga Séverin a été immédiatement placé sous mandat de dépôt et conduit en prison. Son épouse, absente lors du prononcé du jugement, fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt.
Au-delà des peines de prison, le PPEF a prononcé plusieurs sanctions complémentaires. Les deux condamnés ne pourront ni quitter le territoire ivoirien ni détenir un passeport pendant trois ans. Ils sont également privés de leurs droits civils et politiques pour la même durée.
Pendant six ans, ils ne pourront pas diriger une entreprise, exercer une fonction publique, émettre des chèques, utiliser des cartes de paiement ou détenir une arme soumise à autorisation.
Le tribunal a également ordonné la confiscation de plusieurs biens immobiliers situés notamment à Cocody-Riviera Akouedo, Adjin-Palmeraie et Bonoumin-Ouest. Les soldes créditeurs de plusieurs comptes bancaires ouverts à la BNI et à NSIA Bank, au nom de Koffo Doga Séverin et de KDS Holding, sont également saisis.
Autre décision majeure, la justice a ordonné la confiscation de 916 véhicules liés au dossier. À ce jour, 562 ont déjà été retrouvés, tandis que les recherches se poursuivent pour localiser les autres. Tous les autres biens meubles et immeubles appartenant à KDS Holding qui n’ont pas encore été identifiés seront également saisis.
Avec ce jugement rendu le 29 juillet 2026, la justice ivoirienne met un terme judiciaire à une affaire qui a marqué le secteur des investissements privés en Côte d’Ivoire et envoie un signal fort contre les infractions économiques et financières.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
