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Une femme enceinte traînée sous des barbelés en République dominicaine : une image qui ne bouleverse pas Alix Didier Fils-Aimé

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Une image diffusée ce mercredi 5 août 2026 sur les réseaux sociaux provoque une vive émotion et une profonde indignation. On y voit une femme enceinte, le ventre bien visible, tentant de passer sous une clôture en fil barbelé pour échapper à des agents de l’immigration dominicaine. Quelques instants plus tard, la scène devient encore plus choquante : des agents la tirent alors qu’elle est coincée sous les barbelés, malgré son état de grossesse.

Cette photographie, largement relayée, ravive la douleur de milliers d’Haïtiens confrontés aux expulsions et aux opérations migratoires menées en République dominicaine. Pour de nombreux internautes, au-delà de l’interpellation d’une migrante, c’est la dignité d’une femme enceinte qui semble piétinée sous les yeux du monde.

Depuis plusieurs mois, le pouvoir du président Luis Abinader est vivement critiqué pour le durcissement de sa politique migratoire à l’égard des ressortissants haïtiens. Les images d’arrestations musclées, de familles séparées, de femmes enceintes et d’enfants embarqués dans des camions alimentent un sentiment de révolte, aussi bien en Haïti qu’au sein de la diaspora. Pour beaucoup, la lutte contre l’immigration irrégulière ne peut en aucun cas justifier des traitements jugés dégradants ou portant atteinte à la dignité humaine.

Mercredi 5 août 2026, une image virale montrant une femme enceinte interceptée lors d’une opération migratoire en République dominicaine suscite une vive indignation. La scène relance les critiques contre la politique migratoire de Luis Abinader et les appels à une réaction plus ferme des autorités haïtiennes.

Mais cette scène soulève également une autre colère, dirigée cette fois vers les autorités haïtiennes. Pendant que des Haïtiens continuent d’être pourchassés, expulsés ou humiliés à l’étranger, le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé peine, selon de nombreux observateurs et citoyens, à faire entendre une voix ferme pour défendre ses ressortissants. Beaucoup dénoncent une diplomatie discrète, voire effacée, alors que des milliers de compatriotes vivent dans la peur des arrestations et des expulsions.

Cette femme enceinte aurait-elle dû être traitée de cette manière, quel que soit son statut migratoire ? Pourquoi les autorités haïtiennes ne semblent-elles pas obtenir davantage de garanties pour le respect des droits fondamentaux de leurs citoyens ? Jusqu’à quand les Haïtiens continueront-ils à être confrontés à des scènes d’humiliation qui choquent l’opinion publique sans provoquer une réponse politique à la hauteur ?

Au-delà de la photographie, c’est toute une crise humaine qui refait surface. Derrière cette femme enceinte se trouvent des milliers d’autres Haïtiens qui ont quitté leur pays pour fuir l’insécurité, la misère ou l’absence de perspectives. Beaucoup estiment qu’aucun être humain, encore moins une femme portant un enfant, ne devrait être exposé à un tel traitement.

Cette image restera comme un symbole douloureux d’une tragédie qui dépasse les frontières. Elle rappelle que derrière les chiffres des expulsions se cachent des vies, des familles et des êtres humains dont la dignité mérite d’être protégée.

Par Sanon Marc-Antoine

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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