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Trafic de cocaïne, Colombie-Haïti-RD : Martelly reviendrait pour reprendre le contrôle politique d’Haïti, corridor de cocaïne fragilisé sous Jovenel

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Michel Martelly revient en Haïti, le mercredi 15 juillet 2026, après plusieurs années passées à l’étranger, avec la promesse de réparer les dégâts qu’aurait causés Jovenel Moïse après la rupture de ce dernier avec des réseaux liés au trafic de drogue.

Selon des informations provenant de sources proches de Martelly, Jovenel Moïse n’aurait pas respecté ses engagements envers des cartels colombiens, notamment le Clan del Golfo, qui aurait des représentants en Haïti. Jovenel Moïse aurait parallèlement constitué, dans la plus grande discrétion, un dossier contenant les noms de puissants hommes politiques et hommes d’affaires impliqués, selon ces informations, dans ce réseau de trafic de drogue et d’armes. Son objectif final aurait été de remettre ce document aux autorités américaines afin de contribuer au démantèlement de ce réseau. Il a toutefois été assassiné dans la nuit du 7 au 8 juillet 2021, avant la remise de ce dossier.

Ce cartel serait lié à Gilbert Bigio et à son fils Reuven Bigio, présentés par ces sources comme des patrons de Michel Joseph Martelly. Ils auraient pour mission d’assurer, depuis plusieurs années, le passage de la drogue venant de Colombie entre Haïti et la République dominicaine avant qu’elle n’atteigne sa destination finale, principalement les États-Unis et, dans certains cas, des pays européens. Ce trafic s’appuierait sur un réseau politique qu’ils auraient financé sur l’île, y compris des gangs armés en Haïti.

Le chemin de la drogue passerait notamment par Village-de-Dieu, où des gangs la réceptionneraient en mer. Elle passerait ensuite entre les mains d’autres groupes armés jusqu’à atteindre les territoires contrôlés par Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », qui dirige « 400 Mawozo ».

La drogue serait ensuite acheminée vers la République dominicaine par les frontières terrestres, notamment en passant par la zone du lac Azuéi, situé dans la commune de Thomazeau, ainsi que par la commune de Ganthier, dans l’arrondissement de Croix-des-Bouquets, département de l’Ouest. Ces territoires, situés tout près de la frontière avec la République dominicaine, seraient sous le contrôle du gang 400 Mawozo.

Michel Joseph Martelly, ancien président d’Haïti. Son retour au pays intervient dans un contexte marqué par des sanctions internationales et des accusations liées notamment au trafic de drogue, à la corruption et au financement de gangs.

Selon ces mêmes informations, le réseau dirigé par « Lanmò San Jou » jouerait également un autre rôle : réceptionner des armes et des munitions venant des États-Unis en passant par la République dominicaine et faire transiter la drogue d’Haïti vers des réseaux opérant sur le territoire dominicain.

La drogue qui viendrait de Colombie, après son passage par Haïti et la République dominicaine, poursuivrait ensuite sa route principalement vers les États-Unis et, dans certains cas, vers l’Europe.

Jovenel Moïse aurait été présenté par Michel Martelly à des cartels ainsi qu’à plusieurs puissants acteurs du secteur privé, notamment les Bigio, les Vorbe, Boulos, Steeve Khawly, Joël Khawly et Olivier Barreau, entre autres. Malgré les millions qui auraient été dépensés par les noms précités pour financer sa campagne électorale, Jovenel Moïse aurait ensuite rompu avec ce réseau pour rejoindre un autre camp incluant notamment André Apaid et Laurent Salvador Lamothe, ancien Premier ministre sous l’administration de Michel Joseph Martelly de 2012 à 2014.

Plusieurs proches de Martelly, des responsables politiques et des chefs de gangs auraient par ailleurs fait l’objet d’interpellations ou d’arrestations durant le passage de Lamothe à la Primature. Cette situation aurait accentué la rupture entre Jovenel Moïse et Michel Martelly.

Le 7 juillet 2021, Jovenel Moïse a été assassiné dans sa résidence privée par un commando comprenant des ressortissants colombiens. Selon les informations rapportées par les sources, cet assassinat serait intervenu après plusieurs menaces qui auraient été proférées par des oligarques et Michel Martelly afin que Jovenel Moïse se rétracte concernant sa collaboration présumée avec les autorités américaines.

Dans ce contexte, le retour de Michel Martelly avec l’intention de participer aux prochaines élections présidentielles du pays, des élections déjà fixées par le Conseil électoral provisoire, dont le premier tour est prévu le 13 décembre 2026 et le second tour le 21 février 2027, pourrait, une fois Michel Martelly arrivé au pouvoir, selon les informations recueillies, permettre de renforcer ces circuits de transit de drogue et d’assurer la continuité de contrats opaques conclus par l’État avec des firmes étrangères et des entreprises du secteur privé.

Selon d’autres informations provenant de sources fiables en République dominicaine et en Haïti, Gilbert Bigio financerait certains responsables politiques dominicains, notamment Luis Abinader. Ces relations lui auraient donné, selon ces sources, une influence importante sur le territoire dominicain pour faciliter le transit de la cocaïne.

Selon les informations recueillies, ce trafic aurait des conséquences différentes des deux côtés de la frontière. En Haïti, l’argent de la drogue alimenterait les gangs et contribuerait à la violence et à la déstabilisation du pays. En République dominicaine, une partie de l’argent provenant de ce trafic serait réinvestie dans l’économie et contribuerait ainsi au développement de certaines activités économiques.

Une autre question se pose autour des sanctions internationales visant Michel Martelly. Les États-Unis, le Canada et l’Union européenne ont pris des mesures à son encontre dans des contextes liés notamment à des accusations de trafic de drogue, de corruption à haut niveau et de financement de gangs. Son éventuel retour à la présidence pourrait ouvrir une bataille diplomatique autour du maintien ou de la levée de ces sanctions.

Djovany Michel

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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