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Après un an à la tête de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison n’a toujours pas eu raison…

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Le 8 août 2025, André Jonas Vladimir Paraison prenait la direction générale de la Police nationale d’Haïti (PNH), avec une urgence : stopper la progression des gangs et reprendre les territoires abandonnés par l’État. Un an plus tard, ce 8 août 2026, malgré les opérations policières et les moyens engagés, les résultats restent loin des attentes.

Paraison avait hérité d’une situation sécuritaire catastrophique. À son arrivée, une grande partie de Port-au-Prince échappait déjà au contrôle de l’État. Mirebalais était tombée plusieurs mois auparavant et les gangs avaient déjà commencé à étendre leur influence au-delà de leurs bastions traditionnels.

Ces pertes ne peuvent donc pas lui être attribuées.

Mais après douze mois à la tête de la principale force de sécurité du pays, Paraison doit désormais répondre de son propre bilan.

Dès ses premières semaines, la PNH subit de lourdes pertes. Des policiers sont tués lors d’opérations, notamment à Kenscoff. Des commissariats et infrastructures policières restent exposés aux attaques, pendant que plusieurs axes stratégiques demeurent sous la menace des groupes armés.

La PNH multiplie pourtant les interventions. Des membres présumés de gangs sont tués, des armes sont récupérées et certaines positions sont reprises. Des véhicules blindés, des drones et des unités spécialisées sont également engagés dans les opérations.

Mais la question essentielle reste la même : quels grands territoires ont été définitivement récupérés ?

André Jonas Vladimir Paraison, directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), boucle ce 8 août 2026 sa première année à la tête de l’institution policière.

Car entrer dans un quartier avec des blindés, mener une opération et tuer plusieurs présumés bandits ne signifie pas forcément que l’État a repris le contrôle. La véritable reconquête commence lorsque la police peut rester sur place, que les habitants peuvent rentrer chez eux, que les commerces et les écoles rouvrent et que les routes redeviennent accessibles.

C’est précisément là que le bilan de Paraison montre ses limites.

Après ses 100 premiers jours, le directeur général mettait en avant une progression de la PNH dans le centre-ville de Port-au-Prince et des opérations dans l’Ouest, l’Artibonite et le Centre. Mais plusieurs bastions importants des groupes armés sont restés hors du contrôle permanent de l’État.

L’année 2026 confirme cette difficulté.

Dans son bilan du premier trimestre, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti reconnaît que les opérations des forces de sécurité ont limité l’expansion des gangs dans certaines parties du centre de Port-au-Prince. Dans le même temps, le BINUH constate une extension de la violence dans l’Artibonite et le Centre.

Le constat est lourd.

Entre janvier et mars 2026, au moins 1 642 personnes ont été tuées et 745 autres blessées dans les violences recensées par les Nations Unies.

Ces victimes ne peuvent pas toutes être mises directement sur le compte de Vladimir Paraison. Mais ces chiffres illustrent la situation sécuritaire du pays pendant qu’il commande la PNH.

L’Artibonite constitue l’un des exemples les plus préoccupants.

Entre le 29 et le 31 mars 2026, 16 localités du Bas-Artibonite ont été attaquées. Au moins 83 personnes ont été tuées et 38 autres blessées. Après près de huit mois de Paraison à la tête de la PNH, des groupes armés disposaient donc toujours de la capacité de frapper plusieurs communautés en quelques jours.

Le Centre reste également sous forte pression, alors que les autorités tentent d’empêcher les groupes armés de consolider leur présence sur des axes stratégiques.

À Port-au-Prince, la situation est différente. La PNH a enregistré certaines avancées et contenu la progression des gangs dans plusieurs secteurs. Mais contenir n’est pas reconquérir.

Plusieurs zones abandonnées avant l’arrivée de Paraison ne sont toujours pas revenues durablement sous l’autorité de l’État. Des milliers de déplacés ne peuvent toujours pas retourner normalement dans leurs quartiers.

Les policiers paient également un prix élevé.

Plusieurs agents ont été tués pendant cette première année. Ces pertes interrogent la qualité du renseignement, la préparation de certaines opérations, les équipements disponibles et la protection accordée aux policiers envoyés affronter des groupes lourdement armés.

Après douze mois, le bilan ne peut donc pas se limiter au nombre d’opérations réalisées ou de présumés bandits tués.

La population veut pouvoir circuler. Elle veut retourner dans les quartiers abandonnés. Elle veut voir les commissariats fonctionner et les gangs perdre réellement leurs territoires.

C’est sur ces résultats que Paraison doit être jugé.

Il a hérité d’une catastrophe sécuritaire le 8 août 2025. Personne ne peut sérieusement lui attribuer toutes les zones perdues avant son arrivée.

Mais un an plus tard, cet héritage ne suffit plus pour justifier les résultats.

La PNH combat davantage et exerce une pression plus forte sur plusieurs groupes armés. Elle a obtenu des avancées dans certaines parties de Port-au-Prince. Pourtant, l’Artibonite et le Centre restent durement frappés par la violence, tandis que plusieurs territoires perdus avant l’arrivée de Paraison ne sont toujours pas durablement récupérés.

Un an après sa nomination, Vladimir Paraison peut défendre ses opérations et ses statistiques. Pour une population qui attend de rentrer chez elle, le résultat se mesure autrement : combien de territoires les gangs ont-ils réellement été forcés d’abandonner ?

Sur cette question, le bilan reste difficile à défendre.

Il faut rappeler que la nomination d’André Jonas Vladimir Paraison à la tête de la Police nationale d’Haïti, avait suscité des controverses dès son arrivée. Le remplacement de Rameau Normil avait notamment révélé des désaccords au sommet de l’État. Fritz Alphonse Jean, alors membre du Conseil présidentiel de transition, avait affirmé n’avoir été ni informé ni consulté sur cette décision.

Des organisations de défense des droits humains avaient également réclamé davantage de transparence et averti qu’un simple changement de directeur général ne suffirait pas à résoudre la crise sécuritaire sans stratégie claire et moyens adaptés. Malgré ces réserves, Paraison avait pris ses fonctions avec une promesse forte : reprendre les territoires contrôlés par les groupes armés et rétablir l’autorité de l’État. Un an plus tard, il n’a toujours pas prouvé qu’il a raison d’être à la tête de la PNH.

Djovany Michel

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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