Les gangs terrorisent Saint-Michel : le silence d’Alix Didier Fils-Aimé se fait de plus en plus remarquer
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La peur a de nouveau gagné Saint-Michel-de-l’Attalaye dans l’après-midi du dimanche 16 août 2026. Des membres des gangs Kokorat San Ras et Gran Grif ont lancé une nouvelle attaque dans la zone, notamment dans la localité de Saint-Paul, provoquant la fuite de plusieurs habitants.
Selon les informations rapportées depuis la commune, plusieurs personnes auraient été victimes de cette offensive. Des habitants auraient également été blessés par balle alors que les assaillants tentaient de progresser vers le centre de Saint-Michel.
Une vidéo montrant des habitants de Saint-Michel-de-l’Attalaye fuyant la violence de gangs armés hier après-midi, dimanche 16 août 2026. Certains emportant quelques effets personnels , alors que des groupes armés tentaient de progresser dans la zone.
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre des familles fuyant dans la panique. Certaines personnes transportent quelques vêtements et objets personnels sur la tête ou dans les bras. Elles quittent leur maison sans savoir où passer la nuit ni quand elles pourront revenir.
Derrière ces images, il y a des enfants arrachés à leur quotidien, des parents contraints d’abandonner leur foyer et des travailleurs qui perdent leur gagne-pain. Pour ces familles, l’urgence n’est pas politique. Elle consiste à trouver un endroit sûr et à rester en vie.
Pendant ce temps, le silence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé se fait de plus en plus remarquer. Face à la progression des gangs et aux déplacements répétés de la population, aucune réponse publique à la hauteur de la situation n’a encore rassuré les habitants de Saint-Michel.
Le gouvernement affirme pourtant avoir renforcé son dispositif de lutte contre l’insécurité. La Force de répression des gangs (FRG) a été annoncée et des moyens supplémentaires ont été mobilisés pour soutenir les forces de sécurité. Sur le terrain, les groupes armés continuent cependant d’attaquer, de terroriser des communautés et de conquérir de nouveaux territoires.
Le problème ne se limite plus au manque de ressources. Il concerne aussi la capacité de l’État à utiliser efficacement les moyens disponibles, à coordonner les opérations et à protéger durablement la population.
À Saint-Michel, les citoyens n’attendent plus de nouvelles promesses. Ils réclament une intervention rapide, une présence permanente des forces de l’ordre et des mesures capables de freiner l’avancée des gangs.
Le gouvernement continue pourtant de placer les élections au centre de son discours. Alix Didier Fils-Aimé présente le processus électoral comme l’une de ses principales priorités. Mais aucun calendrier électoral ne peut protéger une famille qui fuit les balles.
Organiser des élections crédibles reste difficile dans un pays où des gangs contrôlent des routes, occupent des territoires et forcent des milliers de citoyens à abandonner leur domicile. Avant de demander à la population de voter, l’État doit lui garantir le droit de vivre en sécurité.
La prolongation de la crise alimente également une économie criminelle fondée sur les rançons, les extorsions, les trafics, le contrôle des axes routiers et les déplacements forcés. Chaque territoire abandonné par l’État renforce le pouvoir et les ressources des groupes armés.
Aujourd’hui, Saint-Michel paie le prix de cette défaillance. Des familles abandonnent leur maison. Des enfants prennent la route avec leurs parents. Des citoyens déjà éprouvés par des années de violence doivent encore tout quitter pour sauver leur vie.
Les promesses de rétablissement de l’ordre se multiplient, mais les résultats se font attendre. Pour les habitants de Saint-Michel, une seule question compte désormais : qui les protégera aujourd’hui ?
Tant que le gouvernement ne répondra pas par des actions concrètes, ses discours sur la sécurité, les élections et la reconstruction de l’État continueront de sonner creux aux oreilles d’une population livrée aux gangs.
Par Sanon Marc-Antoine
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
