Gilbert Cicéron doute de la tenue des élections et dénonce l’exclusion de plusieurs communes de l’Ouest
3 min read
Le journaliste, analyste politique et écrivain Gilbert Cicéron exprime de sérieux doutes sur la possibilité d’organiser des élections crédibles en Haïti dans le contexte sécuritaire actuel. Pourtant, il envisage de briguer un siège de député dans la circonscription de Fonds-Verrettes-Ganthier.
Selon lui, les groupes armés contrôlent une grande partie des départements de l’Ouest et de l’Artibonite. Plusieurs routes nationales sont également bloquées, ce qui limite les déplacements entre les départements et complique davantage la préparation du scrutin.
Gilbert Cicéron critique particulièrement l’absence de centres d’inscription électorale dans plusieurs communes et localités de l’arrondissement de Croix-des-Bouquets. Il cite Fonds-Verrettes, Fonds-Parisien, Ganthier, Thomazeau, Cornillon et Croix-des-Bouquets.
D’après lui, cette situation risque de priver plus de 474 000 citoyens de leur droit de participer au processus électoral et de choisir leurs représentants.
« Les élections doivent être organisées pour le peuple. Ces citoyens ont le droit de s’inscrire, de voter et de choisir leurs représentants », soutient-il.
L’originaire de Fonds-Verrettes appelle le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé et le Conseil électoral provisoire à prendre les dispositions nécessaires pour ouvrir des centres d’inscription dans les zones concernées.
Il interpelle également la communauté internationale, qui soutient le processus électoral haïtien. Il lui demande de veiller au respect des droits politiques des populations menacées d’exclusion.
Gilbert Cicéron porte par ailleurs un jugement sévère sur le pouvoir en place. Il accuse certains responsables politiques et économiques de privilégier leurs intérêts personnels au détriment des besoins de la population. Ces déclarations relèvent de sa propre appréciation de la situation politique.
Pour sortir le pays de la crise, il réclame l’émergence de dirigeants patriotes et nationalistes. Il souhaite aussi une plus grande participation des jeunes femmes et des jeunes hommes capables de proposer des projets pour lutter contre l’insécurité, relancer l’économie et remettre Haïti sur la voie du progrès.
Sa position met en lumière une question centrale : peut-on parler d’élections inclusives lorsque des centaines de milliers de citoyens ne disposent même pas d’un centre pour s’inscrire ?
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
