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L’oligarque Gérard Cassis dirige un réseau de contrebande, le silence d’Alix Didier Fils-Aimé devient accablant

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Des conteneurs fermés traversent la frontière entre la République dominicaine et Haïti sans inspection régulière ni paiement normal des droits de douane. Au centre de ce circuit apparaissent Gérard Cassis, présenté comme un proche du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, son oncle Junior Cassis et leurs entreprises, notamment Premium Foods et Cassis Frères S.A.

Les informations obtenues en République dominicaine, puis recoupées auprès de sources au sein du cabinet du Premier ministre, décrivent un réseau actif sur l’axe République dominicaine, Malpasse, Fonds-Parisien. Gérard Cassis a utilisé son influence auprès du Premier ministre pour faciliter le passage de conteneurs fermés, sans vérification douanière complète et en toute impunité.

Un circuit organisé entre les deux pays

En République dominicaine, EBC Custom Agent, SRL interviendrait dans l’expédition des conteneurs vers Haïti. Selon les informations fiables recueillies, cette société est dirigée par Rogelio Alberto Reyes Guerrero.

À l’arrivée des cargaisons à la frontière, un homme identifié sous le nom de Jourdain est chargé d’en faciliter le passage à Malpasse et à Fonds-Parisien.

Le mécanisme décrit par nos sources est précis. Des conteneurs remplis de marchandises franchissent la frontière sans inspection normale et sans paiement régulier des taxes. Ce système priverait l’État haïtien de recettes importantes et expose davantage le pays à l’entrée de produits interdits, tels que des armes à feu et des munitions, puisque la République dominicaine sert de principale plaque tournante pour le trafic d’armes illégales en provenance des États-Unis à destination des gangs en Haïti. Malgré la construction d’un mur frontalier par Saint-Domingue et les saisies régulières des autorités, la porosité de la frontière terrestre et maritime alimente lourdement l’insécurité chronique haïtienne, puisque ce sont des personnes en contact avec les autorités des deux pays qui le font.

Les cargaisons entrent souvent par les ports ou les aéroports dominicains avant d’être introduites frauduleusement en Haïti par la frontière terrestre, comme au niveau de la rivière Massacre, ou par des axes maritimes secondaires.

Lorsqu’un conteneur fermé passe sans inspection, personne ne peut garantir la nature réelle de son contenu.

Le silence du Premier ministre

Cette affaire dépasse largement la fraude douanière. Elle touche directement au fonctionnement de l’État et à la responsabilité du gouvernement.

Une source proche de Gérard Cassis le présente comme un cousin du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Cette proximité présumée soulève une question centrale. Gérard Cassis bénéficie-t-il d’une protection politique lui permettant de contourner les contrôles douaniers ?

Alix Didier Fils-Aimé concentre une influence considérable sur l’administration publique. Pourtant, aucune enquête connue, aucune saisie majeure et aucune mesure publique n’ont été annoncées concernant ce circuit.

Son silence ne peut plus être considéré comme une simple négligence. Le chef du gouvernement doit dire s’il connaissait ces pratiques. Il doit aussi expliquer pourquoi les autorités douanières et judiciaires restent inactives malgré la gravité des informations disponibles.

L’État est-il utilisé pour protéger les intérêts d’une famille ?

Des soupçons qui dépassent la contrebande

Les accusations visant le réseau des Cassis ne concernent plus seulement l’importation clandestine de marchandises. Des soupçons portent également sur les circuits financiers du banditisme ainsi que sur le trafic d’armes et de munitions.

Mais l’inaction des institutions haïtiennes renforce les doutes sur l’existence de protections au sommet de l’État.

Dans un pays ravagé par les gangs, arrêter celui qui porte le fusil ne suffit pas. Il faut identifier celui qui paie, celui qui importe, celui qui transporte, celui qui blanchit l’argent et celui qui protège le réseau.

Le silence d’une partie du secteur privé devient également inquiétant. Certains entrepreneurs dénoncent publiquement le désordre douanier tout en refusant d’exiger des enquêtes sur ceux qui pourraient en tirer profit.

Une enquête internationale devient nécessaire

La DCPJ et la Direction générale des douanes doivent retracer chaque conteneur lié aux personnes et aux entreprises citées. Les autorités dominicaines, notamment la DICRIM et les services douaniers, doivent examiner les expéditions parties de leur territoire.

Pour tout élément relevant de la juridiction américaine, le FBI et les autorités financières compétentes devraient suivre les sociétés, les comptes bancaires, les transferts d’argent et les bénéficiaires réels.

L’enquête doit viser Gérard Cassis, Junior Cassis, Rogelio Alberto Reyes Guerrero, l’homme identifié sous le nom de Jourdain, Premium Foods, Cassis Frères S.A. et EBC Custom Agent, SRL. Elle doit également déterminer si des responsables politiques, douaniers ou policiers ont facilité ou protégé ce circuit présumé.

Alix Didier Fils-Aimé se trouve désormais face à sa responsabilité politique. Il doit ordonner une enquête transparente ou expliquer pourquoi son gouvernement garde le silence.

La frontière ne peut appartenir à une famille. La douane non plus. Encore moins l’État.

Djovany Michel

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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