ONI : Reynold Guerrier au cœur du scandale de la vente présumée de données et du racket entourant la question des 30 000 adhérents
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Plusieurs pratiques jugées préoccupantes au sein de l’Office national d’identification (ONI) et dans le cadre du processus électoral suscitent de vives inquiétudes. Selon des informations rapportées, les données de l’ONI se vendraient comme des « pâtés chauds », une situation qui mérite une attention particulière. Concernant l’exigence de 30 000 adhérents imposée aux groupements politiques, un niveau de corruption inquiétant est également dénoncé. Des enquêtes sérieuses sont réclamées notamment autour de Mathias Pierre, du groupement politique de Privert ainsi que de « Viktwa », tandis que l’origine des 30 000 adhérents que certains acteurs affirment avoir déjà rassemblés est remise en question.
Certains responsables détiendraient par ailleurs des adhérents « fictifs » et auraient conclu des accords avec d’autres groupements politiques pour transférer ou partager une partie de ces membres. Si le Conseil électoral provisoire (CEP) ne revoit pas cette exigence des 30 000 adhérents ou ne procède pas à des vérifications rigoureuses, le processus risque de déboucher sur un véritable « brigandage démocratique » plutôt que sur une élection crédible.
Parallèlement, des témoignages recueillis auprès d’usagers de l’ONI font état de pratiques présumées de racket pour l’obtention de la carte nationale d’identité. Selon ces témoignages, certaines personnes auraient été contraintes de recourir à des arrangements ou de payer pour accélérer leur dossier, tandis que celles qui ne le faisaient pas risquaient des délais pouvant aller jusqu’à un ou deux ans. Ces témoignages, qui restent à vérifier, soulèvent de sérieuses questions quant aux conditions d’accès aux documents d’identité et à la manière dont les citoyens sont traités dans leurs démarches auprès de l’ONI.
L’ensemble de ces accusations et témoignages appelle désormais des vérifications indépendantes ainsi que des explications de la part des institutions concernées, alors que la fiabilité du système d’identification et la crédibilité du processus électoral constituent des enjeux majeurs pour le pays.
Par Sanon Marc-Antoine
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
