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L’UNICEF revendique la libération de plusieurs otages à Kenscoff par l’intermédiaire de Fr Luckson

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Quelques jours après le massacre qui a fait au moins 47 morts à Kenscoff, plusieurs personnes enlevées lors de l’attaque ont retrouvé leur liberté. L’information a été confirmée par Fr Luckson Jean et l’UNICEF ce samedi 29 août 2026. L’UNICEF indique que les victimes avaient été enlevées le dimanche 23 août, au moment où des groupes armés lançaient une offensive meurtrière contre plusieurs secteurs de la commune. Selon les informations disponibles, plus de 50 personnes avaient été kidnappées au cours de cette attaque.

L’UNICEF affirme avoir soutenu, aux côtés de responsables communautaires, dont Fr Luckson, les efforts ayant contribué à la libération de 13 otages après plusieurs jours de captivité. Parmi eux figurent six enfants, dont trois âgés de moins de deux ans, un enfant de sept ans et deux adolescentes, ainsi que sept femmes. Pour l’organisation onusienne, cette libération constitue une lueur d’espoir alors que les enfants restent particulièrement exposés aux violences et aux enlèvements en Haïti.

La libération intervient dans le sillage de l’attaque particulièrement meurtrière qui a plongé Kenscoff dans la terreur dans la nuit du 23 au 24 août. Des habitants ont été tués, des maisons incendiées et des dizaines de personnes emmenées de force. Des personnes déplacées ayant trouvé refuge dans une église figuraient également parmi les victimes. C’est dans ce contexte que Luckson Jean, connu sous le nom de Fr Luckson Zòn Pa Fè Moun, s’est retrouvé aux côtés de plusieurs des personnes libérées.

Dans une courte vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, Fr Luckson apporte toutefois des précisions sur son rôle. Il affirme ne pas avoir participé aux négociations ayant permis la libération des otages, attribuant ce travail à l’UNICEF. Selon son récit, il s’est rendu sur place en tant que « pitit pèp » et dans le cadre de son engagement dans la protection des mineurs. À son arrivée, un élément l’a particulièrement marqué : les hommes armés présents sur les lieux chantaient sa propre musique. Malgré la présence de nombreux hommes lourdement armés autour de lui, il reconnaît avoir ressenti de la peur, tout en affirmant que sa foi en Dieu l’a aidé à garder son calme et que la rencontre s’est finalement déroulée sans incident.

Fr Luckson explique également avoir voulu agir par solidarité avec les familles et les enfants confrontés à une expérience profondément traumatisante. Il rappelle avoir lui-même grandi à Cité Soleil, avoir connu la peur des bandits et avoir déjà été victime de kidnapping, ce qui, selon lui, lui permet de comprendre davantage le traumatisme vécu par ces enfants. Il dit ainsi avoir voulu poser un geste en faveur de familles dont les enfants appartiennent à la même génération que les siens. Il a indiqué qu’il va personnellement demander à l’UNICEF de prendre le cas de ces enfants en main.

Pour lui, cette expérience démontre qu’il existe encore une possibilité de dialogue en Haïti. Il affirme être allé à la rencontre des hommes armés sans armes, sans couteau, sans machette, ni autre moyen de contrainte, convaincu que la méthode non coercitif peut constituer une voie vers une solution à la crise, même si cette approche peut être difficilement acceptée ou comprise par une partie de l’opinion.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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