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Kenscoff : des journalistes pris à partie et roués de coups, la presse une fois de plus visée

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La violence qui frappe Kenscoff ne s’est pas limitée aux seuls habitants. Désormais, les journalistes venus exercer leur métier sont eux aussi pris pour cibles. Ce mercredi 2 septembre 2026, plusieurs professionnels des médias ont été agressés par des membres de la population alors qu’ils couvraient les funérailles de cinq victimes du récent massacre survenu dans la commune.

Parmi les journalistes agressés figure le photojournaliste Odelyn Joseph, qui a raconté avoir été violemment frappé par des individus alors qu’il se trouvait sur le terrain avec des confrères. Le journaliste Clarens Siffroy faisait également partie du groupe présent pour couvrir les obsèques. Pris à partie et malmenés, les journalistes ont dû se réfugier au commissariat de Kenscoff pour échapper à leurs agresseurs.

L’incident ne s’est pas limité aux violences physiques. Le matériel utilisé par les journalistes pour leur travail a également été endommagé. Dans un contexte où la situation sécuritaire reste extrêmement tendue, cette nouvelle agression illustre à quel point le travail de la presse devient périlleux, même lorsqu’il s’agit simplement de témoigner de la douleur des familles endeuillées.

Plus inquiétant encore, cet incident du 2 septembre 2026 n’est pas un cas isolé. Une agression similaire avait déjà été signalée la semaine précédente, le 26 août 2026, lorsque d’autres journalistes avaient été pris pour cibles à Kenscoff dans des circonstances comparables. En moins de deux semaines, les professionnels des médias ont donc été confrontés à une récurrence de la violence dans cette commune déjà profondément meurtrie.

Ces agressions sont survenues quelques jours seulement après les violences meurtrières des 23 et 24 août 2026, qui ont plongé Kenscoff dans l’horreur. Des dizaines de personnes avaient été tuées, des maisons incendiées et plusieurs familles contraintes de fuir leurs quartiers. Depuis lors, la tension reste palpable et la méfiance semble avoir gagné une partie de la population.

Toutefois, malmener des journalistes ne changera rien à la réalité vécue par les victimes. Au contraire, cela risque de rendre encore plus difficile le travail de ceux qui tentent de montrer ce qui se passe réellement dans la commune. Lorsqu’un journaliste reçoit des coups alors qu’il couvre des funérailles, ce n’est pas seulement un professionnel qui est agressé : c’est aussi le droit du public à l’information qui est visé.

Après les décès, les incendies de maisons et le déplacement des familles, ceux qui viennent témoigner de cette tragédie doivent-ils eux aussi risquer leur vie pour exercer leur métier ?

Par Sanon Marc-Antoine

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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