Élections du 13 décembre : la CARICOM juge les préparatifs encore insuffisants
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À moins de trois mois du scrutin annoncé pour le 13 décembre, les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles en Haïti ne semblent pas encore réunies. À l’issue d’une mission menée dans le pays, le Groupe des éminentes personnalités (GPE) de la CARICOM pointe notamment des insuffisances dans l’inscription des électeurs, des difficultés liées aux exigences imposées aux candidats et une situation sécuritaire toujours préoccupante.
Dans un communiqué publié le 14 septembre, le GPE revient sur sa mission effectuée du 2 au 9 septembre en Haïti. Au cours de cette visite, ses membres ont échangé avec des responsables politiques, des représentants de la société civile et du secteur privé, mais également avec des organisations de jeunes, de femmes et de défense des droits humains. Ces consultations ont principalement porté sur l’évolution du processus politique, la situation sécuritaire et les conditions à réunir pour permettre la tenue du scrutin.
Le groupe reconnaît certes certains progrès dans la relance du processus électoral, ainsi que dans la préparation des formations politiques. Cependant, ces avancées restent accompagnées de plusieurs obstacles. Parmi les principales difficultés relevées figurent les nouvelles exigences prévues par le décret électoral amendé. Certains interlocuteurs rencontrés par la délégation estiment notamment que le volume de documents exigés par le Conseil électoral provisoire (CEP) risque de compliquer les démarches des candidats.
Parallèlement, l’inscription des électeurs avance à un rythme que le GPE considère comme préoccupant. Cette situation serait particulièrement problématique dans les régions où la présence et le contrôle de l’État demeurent limités. Or, sans une inscription suffisamment large, la participation de la population au scrutin pourrait être fortement compromise.
À ces difficultés administratives s’ajoute la question sécuritaire, qui demeure l’un des principaux défis du processus électoral. La CARICOM fait état d’une recrudescence des violences et des enlèvements, tout en relevant les difficultés entourant le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG).
Dans ce contexte, les acteurs consultés par le GPE considèrent qu’une amélioration substantielle de la sécurité est indispensable. Elle doit, selon eux, permettre aux citoyens de s’inscrire, aux candidats de mener leur campagne et à la population de circuler librement. Surtout, les électeurs doivent pouvoir se rendre aux urnes sans craindre pour leur sécurité.
Malgré ce tableau préoccupant, le Groupe des éminentes personnalités affirme avoir constaté une volonté persistante des acteurs haïtiens de parvenir à des élections justes, crédibles, impartiales et inclusives. Le groupe encourage donc les partenaires internationaux à accélérer leurs engagements en matière de sécurité, notamment dans le cadre de la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Ainsi, à l’approche du 13 décembre, la CARICOM estime que le temps presse. Des mesures supplémentaires devront être prises pour renforcer la sécurité, accélérer l’inscription des électeurs et faciliter la participation des candidats. Sans ces avancées, les conditions nécessaires à un scrutin crédible risquent de rester difficiles à réunir.
Junior PIERRE
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
