République dominicaine : deux Haïtiens tués lors d’une confrontation présumée avec la police
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Deux ressortissants haïtiens ont été tués par balle le dimanche 1er novembre 2026, à la suite d’une confrontation présumée avec des policiers dominicains à Friusa, dans la région de Bávaro, rapporte le journal dominicain Diario Libre.
Les victimes ont été identifiées comme Charli Patrick, surnommé Omerga, et Sainvilis Jace. Elles ont succombé à leurs blessures alors qu’elles recevaient des soins à l’hôpital municipal de Verón.
D’après le rapport préliminaire, les faits se sont produits vers 10 heures, rue Alicia, à Friusa. Des agents de la Police nationale dominicaine, qui menaient une opération de renseignement, auraient repéré les deux hommes à bord d’une Hyundai Sonata LF grise.
Les deux occupants seraient ensuite descendus du véhicule et auraient ouvert le feu sur les policiers, qui auraient riposté. Les autorités affirment également avoir récupéré un pistolet, sans fournir davantage de détails sur ses caractéristiques.

CP : Diario Libre, photo d’illustration.
Présentés par les autorités comme des individus connus pour des activités criminelles, les deux Haïtiens ont été tués dans des circonstances qui, à ce stade, reposent essentiellement sur la version policière. Aucun élément indépendant permettant de reconstituer précisément le déroulement de l’incident n’a été mentionné.
Ce nouvel épisode remet en question la protection des ressortissants haïtiens en République dominicaine. Régulièrement confrontés à des discriminations, à des expulsions et à des accusations d’abus, de nombreux Haïtiens semblent particulièrement vulnérables face aux institutions du pays voisin.
Il ne s’agit pas de soustraire des ressortissants haïtiens à la justice lorsqu’ils sont soupçonnés d’infractions. Cependant, ces accusations ne devraient jamais justifier le non-respect de leurs droits ni dispenser les autorités de faire la lumière sur les circonstances de leur mort.
La responsabilité de l’État haïtien se trouve également posée. Face aux incidents impliquant des compatriotes en République dominicaine, les réactions diplomatiques ne devraient pas se limiter à des déclarations ponctuelles. Un véritable suivi des dossiers, des démarches auprès des autorités dominicaines et des mécanismes de défense des ressortissants haïtiens sont nécessaires.
Par ailleurs, plus d’une centaine de personnes auraient été tuées par des policiers en République dominicaine depuis septembre, les autorités attribuant ces décès à des affrontements avec les victimes. Ce bilan, qui mérite une vérification indépendante, soulève également des interrogations sur les interventions policières dans le pays.
Au-delà des accusations portées contre les deux victimes, leur mort rappelle une question fondamentale : qui défend les droits des Haïtiens lorsqu’ils sont confrontés à des situations de violence à l’étranger ? La protection des compatriotes ne devrait pas être une responsabilité que l’État haïtien assume uniquement lorsque les drames deviennent médiatiques.
Gladimi BRUNI
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
