Satellite509

l'info qui dérange, la vérité qui libère.

Paraguay : le président Santiago Peña annonce sa démission sur fond de crise bancaire, le Parlement engage une procédure de destitution

3 min read

Le Paraguay traverse une importante crise politique et financière après l’annonce de la démission du président Santiago Peña, jeudi 5 novembre 2026. Fragilisé par le scandale entourant Ueno Bank et confronté à une contestation grandissante, le chef de l’État a décidé de quitter ses fonctions. Toutefois, sa décision n’a pas mis fin aux turbulences institutionnelles, puisque le Parlement a choisi de poursuivre la procédure de destitution engagée contre lui.

À l’origine de cette situation se trouve l’effondrement de Ueno Bank, un établissement financier qui comptait près de 2,9 millions de clients. L’intervention de la Banque centrale paraguayenne, motivée par de graves difficultés de solvabilité, a provoqué le gel de nombreux comptes et privé des milliers de citoyens de l’accès à leurs économies. L’établissement gérait également d’importantes ressources publiques, estimées à environ 850 millions de dollars.

Cette situation a rapidement provoqué une vague de mécontentement dans le pays. Des épargnants, des retraités et d’autres citoyens sont descendus dans les rues pour réclamer la restitution de leurs fonds et demander des explications aux autorités. Parallèlement, les accusations de conflits d’intérêts et de mauvaise gestion visant le président ont accentué la pression politique.

Le président Santiago Peña démissionne le 5 novembre 2026.

En effet, Santiago Peña avait détenu des parts dans le groupe lié à Ueno Bank avant de s’en séparer en 2025. Cette ancienne participation financière est désormais au centre des interrogations de ses opposants, qui souhaitent que toute la lumière soit faite sur les relations entre les responsables politiques et l’établissement bancaire.

Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, le président a expliqué que sa décision de quitter le pouvoir visait notamment à préserver la stabilité nationale, la paix sociale et les institutions démocratiques. Il a également présenté ses excuses à la population et exprimé le souhait que les personnes affectées puissent récupérer leur argent.

Cependant, sa démission n’a pas été acceptée par les parlementaires. La Chambre des députés a approuvé à l’unanimité le lancement d’une procédure de destitution, avec 78 voix favorables. Les discussions se sont ensuite poursuivies au Sénat, où une procédure institutionnelle a été engagée malgré les tentatives de faire examiner prioritairement la lettre de démission.

Cette évolution soulève désormais des interrogations sur les responsabilités politiques et financières dans cette affaire. Comment les fonds publics ont-ils été exposés à une telle situation ? Les autorités avaient-elles connaissance des difficultés financières de la banque avant son intervention ? Et surtout, quelles garanties seront apportées aux millions de clients qui attendent de récupérer leurs économies ?

En attendant l’issue de la procédure parlementaire, Santiago Peña affirme vouloir exercer son droit à la défense et présenter ses arguments devant les institutions compétentes.

La crise paraguayenne dépasse ainsi la question du départ d’un président. Elle met également en jeu la confiance des citoyens dans le système bancaire, la gestion des ressources publiques et le fonctionnement des institutions démocratiques.

Écrit par Junior PIERRE

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

Spread the love