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Procès de Jovenel Moïse : un ancien officier colombien revient sur l’ordre de tuer

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L’ordre d’assassiner Jovenel Moïse a été donné au commando vers le 23 juin 2021, soit environ deux semaines avant l’attaque de sa résidence de Pèlerin 5, dans la nuit du 6 au 7 juillet. C’est ce qu’a déclaré à la barre l’ancien officier colombien Germán Alejandro Rivera García, alias « Colonel Mike », devant le tribunal fédéral de Miami où se déroule actuellement le procès.

Ce procès est celui de Christian Emmanuel Sanon, médecin et pasteur haïtiano-américain qui aspirait à succéder à Jovenel Moïse. Il a plaidé non coupable. Quatre autres hommes ont déjà été reconnus coupables à Miami le 8 mai. Rivera García, lui, a été condamné à la prison à vie en octobre 2023 et coopère avec la justice américaine.

Selon son témoignage, l’ordre a été transmis au groupe lors d’un débriefing par Capador, le chef opérationnel colombien. En avril, devant le jury, il avait déjà affirmé que Joseph Félix Badio avait annoncé, lors d’une réunion en Haïti, que le président devait être tué.

L’ancien officier colombien Alejandro Rivera Garcia et le président Jovenel Moïse

Badio aurait fourni les insignes fixés sur les gilets pare-balles, tandis que l’ancien sénateur John Joël Joseph se serait chargé de louer les cinq à six véhicules de type 4×4 du convoi. Badio roulait en tête. Au second poste de contrôle, il serait descendu négocier avec les policiers. Les Colombiens les ont ensuite désarmés. Badio aurait alors demandé de les exécuter pour ne laisser aucun témoin, ce que Rivera García et son groupe auraient refusé.

À la résidence, c’est l’équipe « Delta » qui aurait fait irruption à l’intérieur pour atteindre la chambre. Une fois le président neutralisé, le commando avait pour consigne de saisir les documents confidentiels, de prendre l’argent présumé s’y trouver et d’emporter tout le matériel de vidéosurveillance afin d’effacer les traces. Deux à trois Colombiens ont été tués dans la fuite. Les autres ont été arrêtés par la police ou appréhendés par la population.

Les deux Haïtiens que le témoin place au cœur de la logistique sont aujourd’hui aux mains de la justice américaine. John Joël Joseph a été condamné à la prison à vie. Badio, transféré d’Haïti à Miami le 20 septembre avec 17 anciens militaires colombiens, n’a pas encore été jugé : mercredi 4 novembre, il a été maintenu en détention après avoir renoncé à son audience de mise en liberté sous caution.

Plus de cinq ans après la nuit de Pèlerin 5, ceux que Rivera García désigne ont désormais rendez-vous avec la justice américaine. Pour les 17 Colombiens, la prochaine audience est fixée au 1er décembre.

Jimmy BRUNI

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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