Affaire Daphney dite « Betina » : Harold Domond réagit pendant que l’enquête de la DCPJ se poursuit
4 min read
L’affaire impliquant Daphney Domond, connue sous le surnom de « Betina », continue de susciter de vives réactions dans les milieux médiatiques et sécuritaires. Arrêtée depuis le 11 février par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), la femme fait l’objet d’investigations pour des liens présumés avec le chef de gang Johnson André alias Izo. Au cœur de la tourmente, le journaliste sportif Harold Domond est sorti de son silence lors d’une intervention téléphonique à l’émission matinale « Premye Okazyon » sur Radio Caraïbes.

Interrogé par le journaliste Ronald Deshommes, Harold Domond a d’abord reconnu sans détour l’identité de la concernée. « Wi, se manman pitit mwen yo », a-t-il déclaré, précisant qu’un de leurs enfants est âgé d’environ 14 ans, ce qui rendait, selon lui, toute dénégation impossible. Questionné ensuite sur l’arrestation de Betina en l’absence de communiqué officiel de la police, Domond a confirmé les faits. Il a toutefois indiqué que, selon ce qu’il avait d’abord compris, l’interpellation n’aurait duré que « ant 7 a 30 minit », avant qu’on ne l’informe qu’elle se trouvait effectivement entre les mains de la DCPJ.
Le journaliste a expliqué avoir été présent à Champ de Mars au moment de l’arrestation. Il pensait initialement à une confusion d’identité due à une ressemblance physique, avant d’apprendre que les policiers visaient bien Daphney. Il a aussi livré des éléments sur les activités de la mère de ses enfants, affirmant qu’elle serait revendeuse, qu’elle tiendrait un club à Martissant 79 et qu’elle pratiquerait comme manbo, effectuant des travaux mystiques. Domond a par ailleurs précisé qu’ils ne vivent plus ensemble depuis 2021, indiquant que leurs rencontres récentes étaient liées au soutien financier des enfants.

Sur le plan personnel, Harold Domond a reconnu connaître certaines activités de Daphney tout en admettant qu’il ne maîtrise pas nécessairement tout ce qu’elle fait. Visiblement ému au téléphone, il a confié que la médiatisation du dossier affecte lourdement sa famille, notamment un de ses enfants actuellement suivi par un pédiatre. Il a décrit la situation comme extrêmement pénible pour lui.
Lors de la même émission, le journaliste Johny Ferdinand, accompagné notamment de Guerrier Dieuseul et Ronald Deshommes, a relayé des informations attribuées à une source proche de la DCPJ. Selon cette source, entre le 11 février et le vendredi 27 février 2026, les enquêteurs n’auraient pas trouvé de traces de kidnapping dans le téléphone de Betina, mais auraient relevé des éléments suggérant des liens avec le chef de gang Izo. La source évoque aussi un rôle présumé de Daphney consistant à recruter des jeunes filles pour les conduire vers le chef de gang, des allégations qui n’ont pas été confirmées officiellement par les autorités.
Réagissant à ces révélations, Harold Domond s’est dit profondément bouleversé. « Dosye sa deranje m, kraze m, demoralize m, demantibile m, kit se antanke gason, oubyen papa pitit », a-t-il déclaré. Il a toutefois rappelé qu’aucune communication officielle n’a encore établi les faits. Tout en notant que certaines pratiques évoquées ne sont pas pénalisées par la loi, il a estimé que la situation porte atteinte à l’image de leurs enfants.
Le journaliste a également insisté sur la nécessité de laisser la justice suivre son cours. Il a expliqué qu’il avait gardé le silence afin de ne pas paraître influencer le travail des enquêteurs ou des tribunaux. « Mwen kwè fò k yon nèg ou gen kouraj, nenpòt jan sa ye, pou w kite lajistis fè travay li… fò k nou gen kouraj pou n bay peyi a ti chans sa », a-t-il affirmé, plaidant pour une procédure menée dans l’ordre et le respect.
Selon les informations disponibles, Daphney aurait été interpellée à Carrefour Tifou. Lors de la fouille, les policiers auraient découvert dans son téléphone des conversations avec Johnson André alias Izo, ce qui aurait motivé son maintien en garde à vue. Mère de deux enfants avec Harold Domond et résidant à Carrefour, elle se trouve actuellement à la DCPJ où elle est interrogée.
À ce stade, aucune inculpation formelle n’a été rendue publique. L’enquête se poursuit afin de vérifier les faits et d’établir les responsabilités éventuelles, dans le respect du principe de la présomption d’innocence.
Léandro S Léonard
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, un média d’investigation indépendant. Journaliste d’enquête, il est spécialisé dans la dénonciation de la corruption, la mauvaise gouvernance, les abus de pouvoir et les violations de l’intérêt public. Ses travaux portent sur des enjeux nationaux et internationaux, avec une approche rigoureuse, critique et documentée.

