Anguilles, corruption et blanchiment : Moïse Jean-Charles, Betty Lamy, Watson Sanon et Fritz Richardson Jr éclaboussés par la colère populaire en Haïti
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En Haïti, plusieurs dizaines de citoyens ont dénoncé la mainmise d’un petit groupe composé de Moïse Jean-Charles, Betty Lamy, Watson Sanon et Fritz Richardson Junior sur le secteur d’activité des anguilles. Selon les manifestants, ce monopole s’apparente à une mafia qui exploite les plus pauvres au profit d’une élite corrompue. Ils rappellent que Moïse Jean-Charles aurait déjà empoché plusieurs millions de dollars à travers ce commerce opaque, alors que la population agonise dans une misère extrême.
Les plaignants expliquent qu’un paysan est contraint de passer une journée entière dans l’eau pour récolter des anguilles, pour ne recevoir que 100 gourdes en retour. Dans le même temps, ce groupe verse à peine 1 000 gourdes pour 10 grammes d’anguilles, alors que cette quantité devrait valoir au moins 5 000 gourdes. Pour eux, cette exploitation systématique est inacceptable et constitue une forme de pillage économique qui tue lentement la dignité du peuple.
Face à cette situation révoltante, les protestataires exigent que Moïse Jean-Charles et ses alliés cessent de contrôler ce commerce et laissent les autres Haïtiens vivre du fruit de leur travail. Ils ont brandi des pancartes pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « groupe mafieux » qui maintient la population dans la faim et la dépendance. Enfin, ils appellent les autorités compétentes à ouvrir une enquête sérieuse afin que cesse cette mainmise illégale et immorale sur les ressources nationales.
Même les Nations Unies ont reconnu qu’un petit groupe d’acteurs politiques et économiques haïtiens utiliserait le commerce des anguilles comme façade pour blanchir l’argent issu du trafic de drogue. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, le mercredi 22 janvier 2025, la directrice exécutive de l’ONUDC, Ghada Waly, a déclaré qu’il existait des indices solides montrant que des personnalités influentes haïtiennes exploitent l’industrie de l’anguille à ces fins. De son côté, Leslie Voltaire et Fritz Alphonse Jean, tous deux anciens présidents du Conseil présidentiel de transition, ont publiquement reconnu l’existence d’un trafic d’organes en Haïti, renforçant la conviction que le monopole dans le secteur des anguilles sert à dissimuler ce commerce mafieux.
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média d’investigation spécialisé dans la lutte contre la corruption en Haïti, l’impunité, la mauvaise gouvernance et les abus de pouvoir. Journaliste anticorruption engagé, il mène des enquêtes sur les scandales financiers et les réseaux d’influence au cœur de l’État haïtien.
