Artibonite, le chef de gang Luckson Élan impose sa loi, « Ronaldo », soldat du gang, exécuté pour avoir tiré sans l’ordre préalable du chef criminel
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Une vidéo devenue virale depuis le mardi 28 juillet 2026 montre un nouvel épisode de violence au sein des groupes armés opérant dans le Bas-Artibonite. Selon plusieurs informations concordantes, Ronaldo, membre du groupe Back-Up Bosal, a été exécuté sur ordre de Luckson Élan, présenté comme le chef du gang Gran Grif, basé à Savien.
D’après les informations disponibles, Ronaldo aurait été accusé d’avoir tiré plusieurs coups de feu en l’air sans avoir reçu l’autorisation de ses supérieurs. Ce comportement lui aurait valu d’être condamné par les responsables du groupe, avant d’être exécuté par des membres de sa propre organisation.
Ronaldo était considéré comme un élément actif du groupe Back-Up Bosal, une structure opérant sous l’influence du gang Gran Grif, régulièrement cité parmi les groupes armés les plus redoutés de la région de l’Artibonite.
Son nom avait déjà été évoqué dans plusieurs dossiers criminels. Il était notamment présenté comme l’un des individus impliqués dans l’attaque du 29 mai 2026 à Robert, au cours de laquelle deux policiers avaient perdu la vie, dont Pierre Emmanuel Germain, ancien chef des opérations de la Police nationale d’Haïti (PNH) pour le Bas-Artibonite.

Selon plusieurs témoignages diffusés après cette attaque, Ronaldo apparaissait dans des vidéos où il aurait participé à l’humiliation des victimes. Surnommé « DG Ronaldo » par d’autres membres du groupe, il aurait notamment récupéré les gilets pare-balles, les armes et les munitions appartenant aux policiers tués.
Il était également cité parmi les individus soupçonnés d’avoir pris part à plusieurs attaques meurtrières contre des habitants de l’Artibonite.
Cette exécution illustre les tensions et les règlements de comptes qui existent également au sein des groupes criminels. Dans ces organisations, la désobéissance ou le non-respect des ordres peuvent entraîner des représailles immédiates, y compris contre leurs propres membres.
Alors que les gangs continuent d’imposer leur loi dans plusieurs régions du pays, cette nouvelle affaire soulève de nombreuses questions. Comment des groupes armés parviennent-ils encore à exercer un tel contrôle sur certains territoires ? Combien de temps ces organisations continueront-elles à recruter, à se réorganiser et à semer la terreur avant d’être durablement démantelées ? Et surtout, que faudra-t-il pour que les populations de l’Artibonite retrouvent enfin la sécurité qu’elles réclament depuis des années ?
Par Sanon Marc-Antoine
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
