Satellite509

Journal libre, Indépendant et sans Subvention.

Corruption au FNE : l’ex-directeur Jean Ronald Joseph fuit la justice et invoque une « maladie grave » pour justifier sa cavale

3 min read

L’ex-directeur général du Fonds national de l’éducation (FNE), Jean Ronald Joseph, continue de défier les institutions haïtiennes. Après avoir ignoré à plusieurs reprises les convocations de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), il fait désormais l’objet d’un avis de recherche officiel, signé par les autorités compétentes.

Au lieu de répondre aux multiples actes de corruption qui lui sont reprochés, l’ancien responsable prend la fuite et tente de se dédouaner en évoquant une « maladie grave » exigeant, selon lui, des soins impossibles à recevoir en Haïti.

Un schéma classique : la corruption, puis la fuite

L’ULCC enquête sur une série de détournements, surfacturations, gestion opaque de fonds publics et possible enrichissement illicite sous son administration au FNE.

Face à ces accusations lourdes, Jean Ronald Joseph a choisi la stratégie préférée des grands prédateurs de la République : la disparition.

L’avis de recherche lancé par l’ULCC le 11 novembre 2025 contre Jean Ronald Joseph.

Après plusieurs invitations restées lettre morte, l’ULCC a officialisé sa position :

● Jean Ronald Joseph est en fuite
● Un avis de recherche est lancé

Son refus de comparaître constitue un aveu politique et moral
L’ex-directeur s’invente une maladie comme bouclier judiciaire

Depuis sa cavale, l’ancien DG tente désormais une nouvelle pirouette : il se dit atteint d’une « maladie grave » qui l’empêche de se présenter devant la justice.

Une excuse déjà vue, déjà entendue : la même méthode utilisée par les politiciens et fonctionnaires corrompus pour gagner du temps, solliciter des dérogations médicales bidon et tenter d’échapper aux enquêteurs.

Pendant qu’il invoque sa prétendue situation médicale, les fonds publics qu’il gérait restent introuvables, non justifiés, non comptabilisés.

Le FNE, encore un instrument de pillage

Le Fonds national de l’éducation, créé pour soutenir les enfants les plus vulnérables du pays, est devenu entre les mains de certains directeurs successifs un véritable coffre noir, alimenté par des taxes obligatoires et vidé par une élite administrative sans scrupules. L’affaire Jean Ronald Joseph n’est que la nouvelle preuve que l’éducation en Haïti est sacrifiée au profit de réseaux mafieux internes.

Il est obligatoire que la justice mette en place :

un contrôle judiciaire immédiat de tous les biens et comptes liés à Jean Ronald Joseph ;

la publication des audits complets du FNE, internes et externes ;

l’identification et la poursuite des complices, au sein du FNE, du ministère des Finances, de l’Éducation, entre autres ;

Quand un ex-directeur d’une institution aussi stratégique que le FNE peut s’enfuir, ignorer les convocations officielles, ridiculiser les institutions et prétexter une maladie pour échapper à la justice, cela prouve une chose :

l’État haïtien reste capturé, infiltré, contrôlé par ceux qui l’ont pillé.
Jean Ronald Joseph n’est pas malade.

C’est le pays qui l’est, gravement, à cause de dirigeants comme lui.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

Spread the love