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Lavalas dénonce… Lavalas gouverne

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À l’approche du 18 novembre, date sacrée de la bataille de Vertières, Fanmi Lavalas tente de se poser en défenseur du peuple en publiant, le 12 novembre, une note incendiaire accusant le Conseil présidentiel de transition (CPT) d’« échec total », de corruption et d’effondrement général de l’État.

Mais derrière cette indignation de façade se cache une vérité que le parti de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide se garde bien de mentionner : Fanmi Lavalas est pleinement intégré au pouvoir qu’il dénonce, occupant plusieurs postes stratégiques au sein de l’État et du gouvernement de transition.

Voici la liste des cadres Lavalas déjà dans le système qu’ils accusent :

  1. Au sein du Conseil présidentiel de transition : Leslie Voltaire.
  2. Dans l’administration territoriale
    Pierre Dimond Jean, délégué départemental du Sud, représentant direct du pouvoir central dans la région.
  3. À la tête des institutions stratégiques
    CONATEL : Hugues Prévillon, directeur général.
    OFNAC : Olivier Jean, directeur général — deux postes clés dans des secteurs sensibles : télécommunications et aviation civile.
  4. Dans la diplomatie haïtienne
    Ambassadeur d’Haïti au Canada : Anthony Dessources, diplomate identifié comme proche de Lavalas.
    Ambassadeur d’Haïti à l’UNESCO : Lila Desquiron, également associée au camp Lavalas dans l’architecture actuelle du pouvoir.
  5. Dans les collectivités territoriales
    Mairie de Tabarre :
    D’Arsonval Alexandre, maire principal intérimaire, position stratégique dans une commune hautement sensible politiquement et sécuritairement.
  6. Dans les ministères
    Ministère de la Santé publique : Sinal Bertrand, ministre par intérim — une nomination à forte implication dans la gestion nationale.
    Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle : Antoine Augustin, ministre — dont la ligne politique est soutenue et défendue par plusieurs cadres Lavalas. Et tant d’autres…
    Et le ministre des Travaux publics, Raphaël Hosty.

Lavalas dénonce… Lavalas gouverne.

Comment un parti peut-il dénoncer un système dont il occupe lui-même les leviers centraux ?

Comment parler « d’échec total » sans reconnaître sa propre responsabilité dans le naufrage ?

Cette contradiction expose ce que de nombreux observateurs décrivent comme une stratégie politique opportuniste :

● crier au scandale en public,
● tout en consolidant ses positions au sein de l’État,
● sans jamais assumer les résultats désastreux de la gestion en cours.

À l’approche de Vertières, une date symbole de courage, de cohérence et de sacrifice, Fanmi Lavalas rejoue le vieux théâtre politique haïtien : accuser d’une main, gouverner de l’autre.

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