Décret électoral : le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé contraint de revoir un texte déjà contesté
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Port-au-Prince, le 2 juillet 2026 – Un mois après la publication du décret électoral du 2 juin 2026, le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé s’apprête à modifier plusieurs de ses dispositions les plus controversées. Cette révision, qui devrait être adoptée lors d’un Conseil des ministres, intervient après de nombreuses critiques portant sur certaines mesures jugées excessives ou susceptibles d’affecter l’équilibre du processus électoral.
Parmi les dispositions appelées à disparaître figure l’article 14.5, qui accordait au directeur général du Conseil électoral provisoire (CEP) le pouvoir de constater la démission d’un conseiller après trois absences. Cette mesure avait suscité de vives réserves, plusieurs observateurs estimant qu’elle renforçait considérablement les prérogatives administratives du directeur général au détriment des conseillers électoraux.
Le gouvernement prévoit également de revoir l’article 130, qui imposait au CEP de transmettre au ministère de la Justice une liste de 30 000 membres, ainsi que l’article 153, relatif à la déclaration de patrimoine. Selon les modifications envisagées, cette obligation ne concernerait désormais que les personnes ayant déjà exercé les fonctions de comptables de deniers publics.
Cette décision relance les critiques sur la manière dont le décret électoral a été élaboré. Pour plusieurs observateurs, le fait que l’exécutif soit contraint de corriger son propre texte seulement quelques semaines après son adoption traduit un manque de concertation en amont et une préparation jugée insuffisante d’un document pourtant essentiel à l’organisation des prochaines élections.
Au-delà des modifications annoncées, cette situation met une nouvelle fois en évidence les difficultés qui entourent le processus électoral haïtien. Dans un pays confronté à une crise sécuritaire persistante et à une profonde méfiance envers les institutions, chaque changement apporté aux règles du jeu électoral est scruté avec attention par les acteurs politiques et la société civile.
Pour de nombreux citoyens, ces ajustements soulèvent une question de fond : pourquoi attendre la contestation publique pour corriger des dispositions qui auraient pu être débattues avant la publication du décret ? Cette interrogation alimente les doutes sur la capacité des autorités à conduire un processus électoral consensuel et crédible.
Le gouvernement n’a pas encore rendu publique la version finale du décret amendé. Les regards sont désormais tournés vers le Conseil des ministres, dont les décisions pourraient influencer le climat politique à l’approche des prochaines échéances électorales.
Par SANON MARC-ANTOINE
Journaliste, et amoureux de la sagesse selon sa plume.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
