Dialogue interhaïtien : Leslie Voltaire et ses complices démasqués, boycottés et désormais isolés dans leur quête d’impunité après le 7 février
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Le dialogue interhaïtien lancé à l’Hôtel Montana par quatre conseillers présidentiels, Leslie Voltaire, sanctionné par les États-Unis pour collusion présumée avec des gangs, Edgar Leblanc, Fritz Alphonse Jean et Louis Gérald Gilles, inculpé dans le scandale d’extorsion de la BNC, s’enlise dès son ouverture et s’apparente déjà à un échec politique majeur. Présentée comme une initiative de rassemblement national, la démarche est massivement boycottée par les principales forces politiques signataires de l’accord du 21 décembre, notamment les alliés de l’ancien Premier ministre Ariel Henry.
Un processus censé produire du consensus démarre ainsi dans la division, ce qui fragilise d’emblée sa crédibilité et alimente les soupçons sur ses véritables motivations à l’approche de l’échéance du 7 février. Plusieurs partis majeurs comme : le SDP, l’INITE, la FUSION, l’INIFOS, FANM ANGAJE et LAVNI — ont officiellement décliné l’invitation à participer aux assises de suivi du dialogue, à l’issue d’une réunion tenue samedi soir. À cette défection collective s’ajoute celle du Groupe des 10 dirigé par Liné Balthazar et Pasha Vorbe. Ce retrait massif vide pratiquement la rencontre de toute représentativité politique. Un dialogue sans acteurs centraux devient moins un espace de négociation qu’une vitrine politique pour un noyau déjà contesté et de plus en plus isolé.
La critique la plus directe est venue de Me André Michel, qui a déclaré publiquement : « Nous ne participerons pas aux assises de l’hôtel Montana sous la direction de Leslie Voltaire et Edgar Leblanc. Cette initiative aurait pu être un succès patriotique si elle avait été portée par l’ensemble du CPT et lancée plus tôt. » Cette prise de position attaque non seulement la méthode, mais aussi la légitimité du leadership. Elle met en évidence une faiblesse stratégique évidente : vouloir piloter une concertation nationale avec des figures controversées et un calendrier perçu comme tardif et intéressé.
Plus embarrassant encore, Moïse Jean-Charles, dont le nom est cité de manière récurrente dans plusieurs dossiers controversés, pourtant présent lors de la première journée, a lui-même reconnu l’échec du processus lors d’échanges avec des responsables de Pitit Dessalines, qualifiant l’initiative de fiasco. Lorsque même des participants admettent l’inutilité de la démarche, le verdict politique est sévère. Le dialogue ne souffre plus seulement de fragilité, il apparaît disqualifié de l’intérieur.
Cet épisode met en lumière une constante de la Transition : improvisation, calculs de positionnement, absence de construction préalable de consensus, puis étonnement face au rejet. Lancer des assises sans sécuriser l’adhésion minimale des blocs politiques majeurs relève soit d’une incompétence stratégique, soit d’une opération d’image mal calibrée. Dans les deux cas, le résultat reste le même : perte de crédibilité, isolement politique et renforcement du soupçon que certains cherchent avant tout à se protéger politiquement après le 7 février.
À force de multiplier les initiatives sans base solide, la Transition transforme chaque tentative de solution en preuve supplémentaire de sa désorganisation. Le dialogue de Montana rejoint ainsi la liste des rendez-vous politiques manqués : beaucoup d’annonces, peu d’assise, aucun effet structurant. En politique, un dialogue sans interlocuteurs réels n’est pas un dialogue, c’est une déclaration prolongée sous forme de réunion.