Dossier Lovely François, où est passée l’indépendance des institutions ? Les autorités compétentes attendent-elles le feu vert d’Alix Didier Fils-Aimé pour enquêter sur les allégations de corruption et de liens avec les gangs ?
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Les institutions ne sont plus indépendantes et attendent toujours le signal d’Alix Didier Fils-Aimé pour agir.
Malgré les relations présumées d’un membre du gouvernement, Lovely François, directrice générale de l’ONA, avec des gangs armés, malgré les dénonciations de trois syndicats de l’institution, qui jugent sa gestion opaque et contraire aux intérêts de l’ONA, malgré le fait que le RHAJAC ait réclamé, bien avant, une enquête de l’ULCC sur sa gestion ainsi qu’une enquête indépendante sur les allégations de liens avec des groupes armés afin que toute la lumière soit faite, aucune enquête officielle n’a été annoncée à ce jour.

Pourtant, l’ONA n’en est pas à sa première affaire de corruption présumée impliquant ses plus hauts responsables. L’ancien directeur général Sandro Joseph avait été arrêté le 19 mars 2009 à son domicile pour détournement de fonds, usage de faux et association de malfaiteurs, avant d’être placé en détention au Pénitencier national. Le 12 janvier 2010, à la faveur du séisme qui a frappé Haïti, il s’était évadé avec d’autres détenus. Selon les informations disponibles, il avait ensuite vécu en République dominicaine avant de se livrer à la police le 11 juillet 2016. Le 19 septembre 2016, la justice haïtienne l’a déclaré non coupable et l’a renvoyé hors des liens de l’inculpation par décision du juge Mathieu Chanlatte.
Plus récemment, un autre ancien directeur général de l’ONA, Jemley Marc Jean-Baptiste, a été arrêté le 7 février 2025 pour son implication présumée dans des actes de corruption, d’abus de fonction et de détournement de fonds. Selon les informations disponibles, il est toujours en détention.

Selon des informations, les autorités attendent le signal d’Alix Didier Fils-Aimé, qui observe un silence de cimetière en raison des relations que la directrice entretiendrait avec certains de ses proches, candidats aux prochaines élections, assoiffés d’argent et de connexions avec les gangs pour garantir leur élection. Selon ces mêmes informations, ces relations auraient favorisé le détournement de fonds publics au profit de chefs de gangs qui contrôlent une grande partie du pays.
Au moment des élections, les candidats cherchent par tous les moyens à se faire élire en Haïti. Il faut rappeler que les dates des prochaines élections sont fixées. Le premier tour des élections présidentielles et législatives en Haïti est prévu le 13 décembre 2026, et le second tour le 21 février 2027.
Dossier à suivre…
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
