Haïti commémore les 220 ans de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines sur fond de crise sécuritaire et électorale
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Haïti a commémoré, le samedi 17 octobre 2026, au Palais national, le 220e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, figure majeure de l’indépendance nationale et premier empereur du pays. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le ministre de la Défense Mario Andrésol et le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison. Cette commémoration a également été l’occasion pour le chef du gouvernement de revenir sur les enjeux de sécurité et d’organisation des élections.
Ancien esclave devenu l’un des principaux artisans de l’indépendance d’Haïti, proclamée en 1804, Jean-Jacques Dessalines a marqué l’histoire par son engagement dans la lutte contre le système colonial et l’esclavage. Son assassinat, le 17 octobre 1806, demeure une date importante de la mémoire nationale.
Comme le veut la tradition, la cérémonie au Palais national a été ponctuée de parades militaires et de prestations musicales assurées par des fanfares. Aux alentours du Champ-de-Mars, des militants se sont également rassemblés pour prendre part à cette journée de commémoration.
Au-delà de l’hommage historique, les autorités ont abordé les défis auxquels le pays est confronté. Dans son intervention, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a insisté sur la nécessité de rétablir la sécurité, de lutter contre l’impunité et de renforcer la présence des institutions publiques sur l’ensemble du territoire.
« Onore Dessalines, se pa sèlman fè bèl diskou chak 17 oktòb. Se pran angajman pou fè vizyon l lan vivan epi pote revandikasyon pèp la sou zepòl nou », a déclaré le chef du gouvernement, appelant à traduire l’héritage du fondateur de l’indépendance en actions concrètes.
Sur le plan sécuritaire, le gouvernement prévoit de renforcer les effectifs des forces de l’ordre. Les mesures annoncées comprennent la formation de 4 000 policiers par an dans le cadre du programme P4000, ainsi que le recrutement de 15 000 soldats au cours des trois prochaines années.
Parallèlement, les autorités sollicitent l’appui de leurs partenaires internationaux pour faciliter le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG). Elles entendent également intensifier la lutte contre le trafic d’armes et les circuits de financement des groupes armés.
Le Premier ministre a notamment dénoncé la circulation des armes illégales et l’absence de sanctions contre les personnes impliquées dans ces réseaux. « Nou pa ka pale de lapè pandan zam ilegal ap antre sou tèritwa nou epi moun ki dèyè yo kontinye rete san pinisyon », a-t-il affirmé, soulignant l’importance de s’attaquer aux sources d’approvisionnement des groupes armés.
L’organisation des élections figure également parmi les priorités affichées par l’exécutif. Une enveloppe de 120 millions de dollars américains est prévue dans le budget 2026-2027 pour financer les activités électorales et accompagner le Conseil électoral provisoire (CEP).
Toutefois, la préparation du scrutin reste liée à plusieurs contraintes, notamment l’insécurité et les difficultés de fonctionnement des institutions. La capacité des autorités à garantir des conditions de vote suffisamment sûres constituera un enjeu important pour la participation des électeurs.
Deux cent vingt ans après l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, la commémoration de sa mémoire intervient ainsi dans un contexte où la sécurité et le rétablissement du fonctionnement institutionnel occupent une place centrale dans le débat public. Les mesures annoncées par le gouvernement devront désormais être suivies de leur mise en œuvre, tant dans la lutte contre les groupes armés que dans la préparation des prochaines élections.
Écrit par : Junior PIERRE
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
