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Haïti et la Caraïbe sous le drapeau américain : Trump ravive les tensions avec une carte expansionniste

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Haïti, Cuba, la Jamaïque, la République dominicaine, mais aussi la Guadeloupe et la Martinique sous les couleurs américaines. Donald Trump a publié, lundi 7 septembre 2026 sur Truth Social, une carte représentant plusieurs pays et territoires comme faisant partie des États-Unis. Sans explication, le président américain relance les interrogations sur ses ambitions territoriales et son rapport à la souveraineté de ses voisins.

Le visuel englobe également Saint-Martin, Saint-Barthélemy, le Canada, le Mexique, le Groenland et l’Islande. Une inscription domine cet ensemble recouvert du drapeau américain : « United States of America ». Aucune annonce concrète d’annexion des territoires caribéens n’accompagne toutefois cette publication.

Cette carte s’inscrit dans une succession de déclarations expansionnistes. Donald Trump a plusieurs fois évoqué le Canada comme un possible « 51e État » américain et affiché ses ambitions concernant le Groenland. Sa publication entretient ainsi une ambiguïté entre provocation sur les réseaux sociaux et intentions politiques.

La réaction islandaise montre que ces représentations provoquent des conséquences diplomatiques. Les autorités de Reykjavik ont convoqué l’ambassadeur américain pour lui faire part de leur désapprobation, jugeant la publication inappropriée.

Avec le Canada, les tensions touchent aussi les noms géographiques. Le 27 août, Donald Trump a signé un décret renommant le lac Ontario « Lake America » pour les usages officiels américains. Cette décision ne contraint pas Ottawa à adopter cette appellation, mais elle ajoute une nouvelle provocation au conflit commercial entre les deux pays.

Depuis le mardi 8 septembre, le Canada applique des contre-mesures tarifaires sur 27,6 milliards de dollars canadiens d’importations américaines. Les droits, compris entre 15 % et 50 %, concernent notamment l’acier, les produits laitiers, l’électroménager et le matériel agricole. Ottawa présente ces mesures comme une réponse aux tarifs imposés par Washington.

Déclarations territoriales, changements de noms et pressions commerciales dessinent une politique fondée sur le rapport de force. Dans ce contexte, la carte peut être interprétée comme l’expression d’une volonté de domination américaine. Elle ne suffit cependant pas à établir un programme d’annexion des pays représentés.

Pour Haïti, indépendante depuis 1804, l’image touche directement à la souveraineté nationale. Représenter le pays sous un drapeau étranger efface symboliquement son existence comme État indépendant. Les difficultés d’un pays ne donnent à aucune puissance le droit de décider de son appartenance.

Donald Trump n’a pas expliqué ce qu’il entendait communiquer. Ce silence laisse les peuples concernés face à une représentation qui les place sous l’autorité américaine sans leur consentement. Une publication présidentielle ne redessine pas les frontières, mais elle peut détériorer les relations entre les États et banaliser les ambitions expansionnistes.

Djovany Michel

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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