Haïti : l’ONU recommande un encadrement du commerce des civelles et un renforcement des forces de sécurité
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Dans son rapport publié le 8 septembre 2026, le Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti formule plusieurs recommandations visant à renforcer la lutte contre les gangs armés, améliorer la gestion des armes et soutenir les institutions haïtiennes. Aux pages 37 et 38 du document, les experts s’adressent notamment au Conseil de sécurité, au Comité des sanctions concernant Haïti et au gouvernement haïtien. Ils recommandent également l’adoption d’un décret pour encadrer l’exploitation et le commerce des civelles, dans l’attente de l’adhésion du pays à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
Concernant les armes et les munitions, le Groupe d’experts demande à la Force de répression des gangs de mettre en place un mécanisme permettant d’enregistrer, de stocker et de gérer le matériel saisi lors des opérations ou confié aux autorités haïtiennes. Il recommande également que cette force continue de transmettre les informations nécessaires aux enquêteurs et leur facilite l’accès aux armes saisies avant leur transfert ou leur élimination. Les experts insistent par ailleurs sur la nécessité de contrôler les armes et les munitions utilisées par les contingents déployés en Haïti et de signaler toute perte de matériel.
Le rapport appelle également à renforcer l’application du régime de sanctions des Nations unies contre les personnes impliquées dans les activités menaçant la paix et la sécurité en Haïti. Le Comité des sanctions est invité à poursuivre l’examen des informations transmises par les experts entre 2023 et 2026 afin d’actualiser, si nécessaire, la liste des personnes sanctionnées. Le Groupe recommande aussi que le représentant du gouvernement haïtien chargé de l’application de ce régime présente les progrès accomplis ainsi que les difficultés rencontrées.
Sur le plan sécuritaire, les experts encouragent les États membres à soutenir la mise en œuvre de la stratégie d’intervention 2026 de la Commission nationale de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, notamment par une assistance technique et financière. Ils préconisent également de renforcer les capacités de la Police nationale d’Haïti et des Forces armées d’Haïti en leur fournissant des ressources adaptées à la lutte contre les gangs. Les besoins évoqués comprennent des équipements destinés aux enquêtes sur les enlèvements et les trafics, des moyens aériens et maritimes, ainsi que des véhicules tout-terrain et des motocyclettes.
Les recommandations abordent enfin la question du respect des droits humains dans les opérations de sécurité. Le Groupe d’experts demande aux pays qui fournissent du personnel à la Force de répression des gangs de veiller au respect strict du droit international des droits humains, notamment en matière de prévention des violences sexuelles et fondées sur le genre et de responsabilité des auteurs d’abus. Il appelle également le gouvernement haïtien et les États concernés à s’assurer que les sociétés militaires et de sécurité privées opérant dans le pays respectent les normes internationales applicables. En ce qui concerne les civelles, les experts recommandent au gouvernement d’envisager l’adoption d’un décret réglementant leur exploitation et leur commerce, dans l’attente de l’adhésion d’Haïti à la CITES.
Léandro S LÉONARD
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
