Immigration : un Dominicain blessé par balle aux États-Unis, une affaire qui rappelle que les Haïtiens ne sont pas les seuls à chercher une vie meilleure ailleurs
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Les Haïtiens ne sont pas les seuls à quitter leur pays pour chercher la sécurité, un emploi ou de meilleures conditions de vie. Les Dominicains aussi prennent le chemin de l’émigration, notamment vers les États-Unis, dans l’espoir de construire un avenir meilleur pour eux-mêmes et leurs familles.
L’affaire d’Oscar Belgal, un ressortissant dominicain de 28 ans blessé par balle lors d’une intervention d’agents américains de l’immigration dans le Bronx, rappelle que les difficultés auxquelles les migrants sont confrontés dépassent les frontières et les nationalités.
Selon les informations rapportées sur cet incident, Oscar Belgal aurait reçu une balle au cou le jeudi 8 octobre 2026, lors d’une intervention d’agents de l’immigration américaine (ICE). Son fils de cinq ans se serait trouvé dans le véhicule au moment des faits. Cette situation soulève des interrogations sur les circonstances de l’intervention et sur les risques auxquels les familles peuvent être exposées lors des opérations migratoires.

Les autorités américaines présentent l’homme comme un ressortissant étranger en situation irrégulière ayant des antécédents judiciaires.
Au-delà de cette affaire, une réalité mérite d’être rappelée. Comme les Haïtiens, de nombreux Dominicains quittent leur pays pour des raisons économiques, familiales ou personnelles. Certains recherchent de meilleures possibilités professionnelles, tandis que d’autres espèrent vivre dans un environnement plus stable. Les motivations diffèrent d’une personne à l’autre, mais le désir d’améliorer ses conditions de vie reste commun à de nombreux migrants.
Cette réalité prend une dimension particulière dans les relations entre Haïti et la République dominicaine. Depuis plusieurs années, des ressortissants haïtiens dénoncent les conditions dans lesquelles certaines opérations migratoires sont menées sur le territoire dominicain. Des organisations de défense des droits humains ont également exprimé leurs préoccupations concernant des expulsions, des séparations familiales et des traitements jugés abusifs.
Pour de nombreux Haïtiens, traverser la frontière dominicaine représente une possibilité de trouver du travail, de subvenir aux besoins de leurs enfants ou d’échapper à l’insécurité qui frappe leur pays. Leur présence en République dominicaine s’inscrit ainsi dans une démarche comparable, sur le plan humain, à celle des Dominicains qui choisissent de s’installer aux États-Unis.

Les contextes politiques, économiques et migratoires sont différents. Les lois applicables ne sont pas les mêmes. Cependant, ces différences ne remettent pas en cause un principe fondamental : toute personne, quelle que soit sa nationalité ou sa situation administrative, doit être traitée dans le respect de sa dignité et de ses droits.
L’affaire Oscar Belgal invite ainsi à regarder la question migratoire au-delà des tensions entre nationalités. Un père dominicain vivant aux États-Unis peut nourrir les mêmes préoccupations familiales qu’un père haïtien installé en République dominicaine. Tous deux peuvent chercher un revenu, une stabilité et de meilleures perspectives pour leurs enfants.
Cela ne signifie pas que tous les migrants vivent les mêmes expériences ni que toutes les interventions des autorités migratoires constituent des violations des droits humains. Les États disposent du pouvoir de contrôler leurs frontières et d’appliquer leurs lois. Ils doivent toutefois exercer ce pouvoir dans le respect des garanties légales et des droits fondamentaux.
La situation d’Oscar Belgal rappelle également l’importance de la protection des enfants dans les procédures migratoires. Lorsqu’une intervention concerne un parent accompagné de son enfant, les autorités doivent prendre en compte la sécurité et l’intérêt supérieur du mineur.
En République dominicaine comme aux États-Unis, les questions migratoires suscitent des débats sur la sécurité, la souveraineté et le respect des lois. Ces préoccupations peuvent être légitimes, mais elles ne doivent pas faire oublier les réalités humaines qui accompagnent chaque déplacement.
Les Haïtiens qui vivent en République dominicaine ne sont pas moins dignes de respect que les Dominicains installés aux États-Unis. De la même manière, les droits des ressortissants dominicains doivent être protégés lorsqu’ils se trouvent à l’étranger.
L’incident survenu dans le Bronx devrait encourager une réflexion plus large sur le traitement réservé aux migrants, quelle que soit leur origine. Derrière chaque nationalité se trouvent des personnes, des familles et des parcours différents.
Qu’il soit Haïtien en République dominicaine ou Dominicain aux États-Unis, un migrant reste avant tout un être humain. La recherche d’une vie meilleure ne devrait jamais lui faire perdre le droit à la dignité, à la sécurité et à la justice.
Par Sanon Marc-Antoine et Djovany Michel
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
