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La Cour d’appel confirme le renvoi de Magalie Habitant, Prophane Victor et Elionor Devallon devant le tribunal criminel

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Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles de ces dernières années. La Cour d’appel de Port-au-Prince a confirmé, ce mardi 21 juillet 2026, l’ordonnance de renvoi de Magalie Habitant, Prophane Victor et Elionor Devallon devant le tribunal criminel siégeant sans assistance de jury.

Par cette décision, les juges estiment que les éléments recueillis au cours de l’instruction sont suffisants pour permettre la tenue d’un procès. Les trois anciens hauts responsables de l’État devront désormais répondre devant la justice des accusations liées à leurs liens présumés avec les groupes armés qui ont alimenté la violence dans le pays pendant plusieurs années.

Cette décision met un terme à plusieurs mois de procédure devant la Cour d’appel, où les avocats de la défense avaient multiplié les recours dans l’espoir d’obtenir l’annulation de l’ordonnance de renvoi.

Magalie Habitant, Prophane Victor et Elionor Devallon seront jugés devant le tribunal criminel siégeant sans assistance de jury, après que la Cour d’appel de Port-au-Prince a confirmé leur renvoi, ce mardi 21 juillet 2026, dans une affaire portant sur leurs liens présumés avec des gangs armés.

L’affaire remonte au début de l’année 2025, lorsque les autorités ont lancé une offensive judiciaire d’envergure contre plusieurs personnalités soupçonnées de soutenir les gangs.

La première personne à être interpellée fut Magalie Habitant, ancienne directrice générale du Service national de gestion des résidus solides (SNGRS). Le 9 janvier 2025, des agents de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) l’ont arrêtée à Laboule, dans la commune de Pétion-Ville. Les enquêteurs l’accusent notamment d’association de malfaiteurs et de financement de groupes armés.

Trois jours plus tard, le 12 janvier 2025, c’est l’ancien député Prophane Victor qui est tombé à son tour entre les mains de la DCPJ à Pétion-Ville. Les autorités le soupçonnent d’avoir entretenu des relations avec des organisations criminelles opérant dans le pays.

Le 30 janvier 2025, l’enquête a abouti à l’arrestation d’Elionor Devallon, ancien directeur général de la Caisse d’Assistance Sociale (CAS). Selon les conclusions de la DCPJ, il aurait participé, aux côtés d’autres personnes, à un réseau d’acquisition illégale de munitions destinées à approvisionner des gangs armés.

Depuis ces arrestations, l’affaire est devenue le symbole de la volonté affichée par les autorités judiciaires de poursuivre non seulement les chefs de gangs, mais aussi les personnalités soupçonnées de les avoir soutenus financièrement, logistiquement ou politiquement.

Dans un contexte où une partie de la population dénonce depuis longtemps l’impunité dont ont bénéficié certains acteurs influents, cette décision de la Cour d’appel est perçue comme un test important pour la crédibilité de la justice haïtienne. Beaucoup attendent désormais que la procédure se déroule en toute transparence, à l’abri des pressions politiques et des intérêts privés.

Au-delà du sort réservé à Magalie Habitant, Prophane Victor et Elionor Devallon, c’est aussi la capacité de l’appareil judiciaire à faire la lumière sur les complicités entre certains anciens responsables publics et des groupes armés qui sera mise à l’épreuve. Pour de nombreuses victimes de l’insécurité, l’ouverture de cette procédure suscite l’espoir que les responsabilités soient enfin établies et que nul, quel que soit son rang ou son influence, ne puisse échapper à la justice.

Par Sanon Marc-Antoine, Journaliste

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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