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« M ta pito vin yon ti lapli, babekyou, olye pou m kite nèg vin betize avè m. Mwen fè yon chwa ! » : Arnel Bélizaire réagit après la diffusion d’un avis de recherche de la Police

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L’ancien député Arnel Bélizaire, figure politique haïtienne longtemps mêlée à des controverses judiciaires et à des sanctions internationales, a de nouveau fait parler de lui par une sortie qui ne manquera pas d’alimenter les critiques. « Mwen p ap pran anyen, ni blòf nan men pèsòn… M tande n ap pale de Ti lapli, Babekyou, m ta pito vin yon Ti lapli, Babekyou olye pou m ta kite nèg vin arete m, pou betize avè m. M f on chwa ! », a‑t‑il déclaré récemment, balayant d’un revers de main les conséquences de son passé mouvementé.

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Cette déclaration intervient alors que Bélizaire n’est pas un inconnu des services judiciaires et diplomatiques. En effet, en septembre 2025, il a été sanctionné par le Département d’État américain, aux côtés de l’ancien sénateur Antonio Chéramy, pour des « actes déstabilisateurs contre les institutions démocratiques haïtiennes » et une corruption significative présumée — sanctions qui le rendent, lui et sa famille, en grande partie inéligibles à l’entrée aux États‑Unis.

Ces mesures internationales ne sont pas sans précédent dans son histoire récente. Arnel Bélizaire a été interpellé en avril 2025 à Jacmel après une violente altercation avec une commerçante, même si cet incident n’a, semble‑t‑il, pas abouti à une suite judiciaire claire. Quelques semaines plus tard, il a été transféré à la prison civile de Jacmel dans le cadre d’un litige judiciaire opposant Bélizaire à une entrepreneure, marquant un autre épisode de démêlés avec la justice haïtienne.

Plus récemment, le jeudi 5 février 2026, son nom est apparu dans un avis de recherche émis par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) pour des accusations graves incluant financement du terrorisme et association de malfaiteurs, bien que certains observateurs et organisations de défense des droits humains aient qualifié ces démarches de politiquement motivées ou insuffisamment fondées.

Dans ce contexte, la franche déclaration de Bélizaire, rejetant toute responsabilité et affichant un ton défiant, illustre non seulement son habitude de minimiser les conséquences juridiques ou politiques de ses actes, mais aussi une stratégie de communication qui continue de diviser l’opinion publique haïtienne.

Plutôt que d’aborder les critiques ou les mesures internationales qui pèsent sur lui, il choisit ici la provocateur posture de défense : préférer « Ti lapli » ou « Babekyou » plutôt que de se laisser arrêter ou « betize » avec. Une phrase qui, dans le climat actuel d’exigence de reddition de comptes et de transparence, pourrait davantage renforcer les critiques contre ceux qui, malgré leurs liens controversés avec l’autorité et les gangs, continuent de naviguer en marge des responsabilités qu’ils ont un jour assumées.

Léandro S Léonard

Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, un média d’investigation indépendant. Journaliste d’enquête, il est spécialisé dans la dénonciation de la corruption, la mauvaise gouvernance, les abus de pouvoir et les violations de l’intérêt public. Ses travaux portent sur des enjeux nationaux et internationaux, avec une approche rigoureuse, critique et documentée.

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