Prison à perpétuité, peine de mort, 3 à 7 ans de prison : l’Ouganda et le Sénégal durcissent leurs lois contre l’homosexualité
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©Alice Kachaner/Radio France/Maxppp - Alice Kachaner / Radio France / Maxppp, 04/07/2021 Des manifestations réclamant la criminalisation de l'homosexualité ont eu lieu dans plusieurs grandes villes du Sénégal, comme ici à Dakar (MaxPPP TagID: maxradiofr020196.jpg) [Photo via MaxPPP]
En Ouganda, la loi dite Anti-Homosexuality Act a été adoptée par le Parlement le 21 mars 2023 et promulguée le 29 mai 2023 par le président Yoweri Museveni. Cette législation prévoit la réclusion à perpétuité pour les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Dans les cas qualifiés d’« homosexualité aggravée », notamment en présence de mineurs ou de personnes vulnérables, la loi prévoit la peine de mort.

Cette nouvelle loi renforce un cadre juridique déjà répressif, l’homosexualité étant illégale en Ouganda depuis plusieurs décennies. Après sa promulgation, plusieurs organisations internationales de santé ont averti que la criminalisation accrue pourrait freiner l’accès aux soins, notamment dans la lutte contre le VIH, en raison de la peur de poursuites judiciaires.

Au Sénégal, le débat sur un durcissement de la législation s’est intensifié en février 2026. Selon des informations rapportées par la presse internationale le 25 février 2026, une nouvelle mesure envisagée prévoit la pénalisation de « l’apologie de l’homosexualité », passible d’une peine d’emprisonnement de trois à sept ans. Cette annonce de ce nouveau projet loi a été faite par le Premier ministre Ousmane Sonko, mardi 24 février dernier, devant les députés.

Cette initiative intervient dans un contexte de tensions. Le 17 février 2026, le gouvernement sénégalais a annoncé en Conseil des ministres l’adoption d’un projet de loi modifiant l’article 319 du Code pénal relatif aux relations homosexuelles. Quelques jours plus tôt, le 7 février, la gendarmerie avait fait état de l’arrestation de douze hommes, dont deux personnalités locales, pour « actes contre-nature ».
C’est dans ce climat que Nathalie Yamb, militante politique suisse-camerounaise, a réagi en février 2026 au projet sénégalais, déclarant que les personnes opposées à ce durcissement législatif devraient « émigrer vers d’autres pays ». À la date indiquée, le processus parlementaire sénégalais reste en cours.
Gerlanda Filéus
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, un média d’investigation indépendant. Journaliste d’enquête, il est spécialisé dans la dénonciation de la corruption, la mauvaise gouvernance, les abus de pouvoir et les violations de l’intérêt public. Ses travaux portent sur des enjeux nationaux et internationaux, avec une approche rigoureuse, critique et documentée.
