République dominicaine : Dajabón donne cinq jours aux propriétaires pour expulser les Haïtiens sans papiers
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À Dajabón, le maire Santiago Riverón a ordonné aux propriétaires de logements de chasser tous les Haïtiens en situation irrégulière dans un délai de cinq jours. Cette mesure vise plus de 200 habitations et s’inscrit dans une offensive plus large contre les migrants haïtiens. Le maire a averti que, passé ce délai, les expulsions se feront « par des moyens honnêtes ou illicites », avec l’appui de la Direction générale des migrations et de l’armée dominicaine.
Cette décision intervient après que des dizaines de migrants haïtiens, dont des femmes et des enfants, ont été découverts dormant dans des lieux publics comme le parc Juan Luis Franco Bidó. Les expulsions, initialement limitées aux marchés et aux cimetières, sont désormais étendues aux domiciles privés. La municipalité prévoit même d’impliquer la police locale pour forcer les évacuations si les propriétaires ne se conforment pas à l’ordre.
Plus largement, cette mesure reflète la politique migratoire dure du gouvernement dominicain, qui a déjà expulsé plus de 145 000 Haïtiens en cinq mois, soit près de 1 000 personnes par jour. Des organisations de défense des droits humains dénoncent des expulsions collectives abusives, sans procédure légale, marquées par l’humiliation et la brutalité. Dans un contexte de crise en Haïti, cette chasse aux migrants accentue la détresse humanitaire et suscite l’indignation de nombreux observateurs internationaux.
Gerlanda F