Restrictions de visas pour un fonctionnaire haïtien soutenant des gangs et d’autres organisations criminelles en Haïti
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Ce lundi 24 novembre 2025, les États-Unis ont annoncé l’imposition de restrictions de visa contre un haut responsable haïtien accusé de soutenir des gangs armés et d’entraver la lutte contre les organisations criminelles désignées comme groupes terroristes. Le Département d’État précise que la décision inclut la révocation de tous les visas actuellement valides détenus par l’intéressé. Pourtant, un détail majeur retient l’attention : Washington refuse de révéler l’identité du fonctionnaire sanctionné, un silence qui intrigue autant qu’il inquiète.

Capture d’écran de l’annonce concernant la restriction de visa imposée à un fonctionnaire haïtien, publiée le 24 novembre 2025 par Tommy Pigott, principal porte-parole adjoint du gouvernement américain.
Cette absence d’informations soulève plusieurs interrogations dans un contexte où la classe politique haïtienne est déjà profondément éclaboussée par des scandales de corruption et de collusion avec des groupes armés. Pourquoi taire son nom ? S’agit-il d’une stratégie de pression diplomatique, d’une forme d’intimidation destinée à pousser un acteur influent à se conformer aux exigences américaines ? Ou d’une mesure de protection, le temps de laisser respirer une enquête encore fragile ? Difficile d’y voir clair, alors que l’administration américaine affirme vouloir « encourager la reddition de comptes » pour ceux qui déstabilisent Haïti.
Mais une question demeure cruciale : comment la justice haïtienne peut-elle agir sans connaître l’identité du responsable visé ? Plusieurs membres du gouvernement sont déjà soupçonnés de liens financiers ou logistiques avec les gangs, à l’image d’Alix Didier Fils-Aimé et d’autres figures citées dans divers rapports — même si quelques exceptions existent. En gardant le nom secret, les États-Unis ajoutent une couche d’opacité à un paysage politique déjà saturé de suspicions, laissant planer un doute lourd : l’officiel visé se trouve-t-il toujours au cœur du pouvoir ?
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
