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35 000 pesos pour les agents d’immigration (DGM) ou déportation, le témoignage d’une migrante haïtienne en situation irrégulière en République dominicaine

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Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux le 29 juillet 2026, spécialement sur la page Facebook de Léonard Show, remet en lumière la réalité que vivent de nombreux migrants haïtiens en République dominicaine. Une femme haïtienne y raconte, avec émotion, les épreuves qu’elle endure depuis plusieurs années et formule de graves accusations sur ce qu’elle présente comme un système où les expulsions seraient devenues un véritable commerce.

Dans son témoignage, elle explique qu’elle n’exerce aucune activité commerciale. Ancienne vendeuse de friture, elle affirme avoir travaillé pendant deux ans dans un hôtel avant de perdre son emploi. Depuis, l’absence de documents de séjour l’empêche de circuler librement, de chercher du travail et de vivre sans crainte.

35 000 pesos pour les agents Portrait de la migrante haïtienne dont le témoignage dénonce de présumées demandes d’argent en échange de l’abandon d’une procédure de déportation en République dominicaine.’immigration (DGM)

« Si l’immigration m’arrête, il faut avoir jusqu’à 35 000 pesos pour pouvoir sortir », affirme-t-elle. Elle raconte avoir déjà été interpellée alors qu’elle quittait son travail à l’hôtel et avoir versé 26 000 pesos pour éviter l’expulsion à l’époque, mais aujourd’hui les choses deviennent plus compliquées. Il faut payer 35 000 pesos dominicains.

La migrante décrit également les conditions extrêmement dangereuses dans lesquelles certains Haïtiens tentent de revenir en République dominicaine après leur expulsion. Selon elle, les traversées se déroulent de nuit, à travers les broussailles, en franchissant des clôtures barbelées et des terrains accidentés. Les risques sont nombreux : blessures, vols, agressions et même la mort.

Elle affirme avoir été conduite au centre de rétention de Haina avant d’être expulsée vers Haïti le lendemain, lors de son expérience. Mais ce qui frappe le plus dans son récit, c’est son accusation selon laquelle certaines personnes impliquées dans les opérations d’expulsion faciliteraient ensuite le retour clandestin de migrants contre de l’argent. « C’est un business », lance-t-elle face à la caméra.

Voici le lien de la vidéo du témoignage de cette migrante haïtienne en situation irrégulière en République dominicaine. Elle y dénonce de présumées demandes d’argent pouvant atteindre 35 000 pesos pour éviter une déportation.

Ces allégations soulèvent de nombreuses interrogations sur l’existence éventuelle de réseaux de corruption autour des opérations migratoires et sur la nécessité d’ouvrir des enquêtes approfondies.

La femme précise toutefois que ses relations avec plusieurs citoyens dominicains de son quartier sont bonnes. Selon elle, certains habitants n’hésitent pas à prévenir les migrants en situation irrégulière lorsque des agents de l’immigration arrivent dans le secteur, leur permettant ainsi de se mettre à l’abri.

Elle souligne également que les femmes haïtiennes sont particulièrement touchées par le durcissement des contrôles migratoires. Beaucoup ne peuvent plus vendre du jus, des friandises ou des repas sur les chantiers, des activités qui leur permettaient autrefois de subvenir aux besoins de leur famille. Les hommes continuent, pour la plupart, à travailler dans la construction, mais sous la menace permanente d’une arrestation.

Au-delà de ce témoignage, plusieurs questions demeurent. Si des migrants expulsés parviennent à revenir presque immédiatement en territoire dominicain, l’efficacité du dispositif de rapatriement est-elle réellement garantie ? Existe-t-il des réseaux clandestins qui profitent de la détresse des migrants ? Les autorités dominicaines ouvriront-elles des investigations sur ces accusations ? Du côté de l’État haïtien, quelles mesures sont prises pour protéger des milliers de citoyens contraints de vivre dans une telle précarité à l’étranger ?

Derrière chaque expulsion se trouvent des hommes, des femmes et des familles qui tentent simplement de survivre. Le témoignage de cette Haïtienne rappelle que la crise migratoire ne se résume pas à des statistiques. Elle est aussi faite de peur, de séparations, d’humiliations et d’espoir. Il souligne également que toute accusation aussi grave mérite des enquêtes sérieuses afin d’établir les faits.

Par Sanon Marc-Antoine

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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