Satellite509

Journal libre, Indépendant et sans Subvention.

Une fillette haïtienne tuée en République dominicaine… et personne n’en parle : un scandale de silence officiel

3 min read

La mort de la jeune Stephora Anne-Mircie Joseph, 11 ans, retrouvée sans vie lors d’une excursion scolaire à Santiago, en République dominicaine, soulève un profond malaise. Selon les premiers témoignages, l’écolière aurait été étranglée par des camarades de classe, prétendument parce qu’elle était « trop brillante ». Quinze jours après le drame, aucune autorité dominicaine ni haïtienne n’a apporté d’explication claire ou de mise à jour officielle. Un mutisme qui choque autant qu’il inquiète.

La famille de la victime affirme n’avoir reçu aucune information concrète de la part de l’établissement scolaire ni des autorités locales. Elle dénonce une gestion opaque de l’affaire, marquée par l’absence d’enquête publique détaillée, de rapport préliminaire ou même de communication institutionnelle minimale. Pour les proches, ce silence ne fait qu’aggraver la douleur et nourrir les soupçons.

En Haïti, la réaction est tout aussi troublante. Malgré la gravité du dossier, une enfant haïtienne morte dans des circonstances suspectes à l’étranger, aucune prise de position officielle n’a été faite par les autorités diplomatiques ou éducatives. Les médias haïtiens eux-mêmes restent étonnamment discrets, alors que l’affaire suscite une vive indignation au sein de la diaspora et sur les réseaux sociaux.

Ce double silence, haïtien comme dominicain, alimente chez beaucoup l’impression d’une banalisation inquiétante de la violence envers les enfants, particulièrement lorsqu’ils sont immigrés ou vulnérables. Comment expliquer qu’un cas aussi grave, potentiellement criminel, ne fasse l’objet d’aucune transparence ? Pourquoi les deux États peinent-ils à informer, à rassurer, ou tout simplement à reconnaître l’importance du drame ?

La famille réclame aujourd’hui vérité, justice et une enquête crédible menée au grand jour. Au-delà de ce drame individuel, l’affaire Stephora met en lumière des défaillances institutionnelles majeures : l’absence de protection des enfants en milieu scolaire, le manque de communication des autorités, et une passivité incompréhensible face à une tragédie qui exige pourtant empathie, responsabilité et action immédiate.

Gerlanda F.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

Spread the love