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Haïti : les gangs avancent, Alix Didier Fils-Aimé ne réagit pas

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Depuis le 19 avril, des affrontements violents entre groupes armés rivaux secouent la Plaine du Cul-de-Sac, notamment à proximité de la distillerie Barbancourt. Selon un communiqué officiel de l’entreprise, plusieurs parcelles de canne à sucre ont été incendiées, illustrant une nouvelle fois l’impact direct de l’insécurité sur des zones économiques stratégiques.

Un communiqué de presse daté du 19 avril 2026 de Rhum Barbancourt signalant des affrontements entre gangs près de la Plaine du Cul-de-Sac, avec des plantations incendiées, tout en précisant que la distillerie n’est pas encore affectée et en dénonçant l’absence de sécurité des autorités.

Située dans un corridor clé reliant la capitale à plusieurs axes commerciaux, la Plaine du Cul-de-Sac est depuis plusieurs mois sous pression de groupes armés, dont certains affiliés à des coalitions opérant dans la zone métropolitaine. Ces affrontements s’inscrivent dans une dynamique plus large de lutte de contrôle territorial, avec des conséquences directes sur les populations et les activités économiques.

À ce stade, la distillerie précise que ni ses infrastructures ni sa production ne sont affectées. L’entreprise indique suivre de près l’évolution de la situation sécuritaire, tout en insistant sur la protection de ses employés et des communautés environnantes.

Mais le communiqué met en lumière un point critique : l’absence d’appui sécuritaire des autorités publiques au profit des populations locales. Une affirmation qui intervient alors que la zone connaît des épisodes répétés de violences armées.

Selon des informations recueillies auprès de sources locales, des habitants ont été contraints de limiter leurs déplacements, certains évoquant un climat de peur permanent lié aux tirs sporadiques et aux risques d’escalade. Aucune présence sécuritaire renforcée n’a été signalée dans l’immédiat pour contenir durablement la situation.

À ce jour, aucune communication officielle détaillée n’a été rendue publique quant à une intervention structurée de la Police nationale d’Haïti (PNH) dans la zone concernée, ni sur d’éventuelles mesures spécifiques visant à sécuriser ce périmètre stratégique.

Cette absence de réponse visible intervient dans un contexte où le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est régulièrement interpellé sur sa capacité à faire face à l’expansion des groupes armés. Malgré les annonces répétées sur la nécessité de rétablir la sécurité, plusieurs zones jugées sensibles continuent de basculer ou de rester sous tension sans intervention durable.

Au-delà de la situation sécuritaire immédiate, ces violences posent également un risque économique. Barbancourt, entreprise emblématique du pays, représente un acteur clé de la production nationale et des exportations. L’incendie de plantations de canne à sucre pourrait, à terme, affecter la chaîne de production et fragiliser davantage un secteur déjà exposé à l’instabilité.

Alors que les affrontements persistent à proximité d’infrastructures stratégiques, l’absence de mesures visibles pour sécuriser durablement la zone alimente les interrogations sur la capacité réelle des autorités à contenir la crise.

Sans réponse coordonnée et efficace, le risque est de voir ces foyers de violence s’étendre davantage, menaçant non seulement les populations locales, mais aussi les piliers économiques encore fonctionnels du pays.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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