CAN : corruption de cartes de débit à 400 000 gourdes pour des employés fantômes, Louis Gérald Gilles et son fils Giscard Gilles au cœur du système
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Port-au-Prince, 23 avril 2026 – Plusieurs millions de gourdes destinés à réparer les ambulances du Centre ambulancier national (CAN) auraient été détournés, sans qu’aucune réparation ne soit faite. Au centre de ce dossier : Dr Giscard Gilles, fils du Dr Louis Gérald Gilles, ancien conseiller présidentiel.
Dr Giscard Gilles est médecin de formation. Il n’a pas de lien direct avec la réparation de véhicules. Pourtant, il aurait été impliqué dans la gestion de fonds destinés à l’entretien des ambulances. Cette situation soulève de sérieuses questions.

Selon des documents consultés, tout le budget prévu pour réparer les ambulances aurait été utilisé sans résultat. Sur le terrain, les ambulances restent en panne. Le service d’urgence est fortement affaibli.
Le rôle du Dr Louis Gérald Gilles est aussi pointé. Comme conseiller présidentiel, il aurait utilisé son pouvoir pour influencer des nominations au sein du CAN. Des personnes proches de lui auraient été placées à des postes clés, facilitant ainsi la gestion opaque des fonds publics au profit de son entourage et de sa famille.

Un autre élément clé du dossier concerne des cartes de débit de plus de 400 000 gourdes chacune. Ces cartes auraient été données à des personnes qui n’ont jamais travaillé au CAN. Ce système aurait permis de retirer facilement l’argent public et de le redistribuer en dehors de tout contrôle, au profit du cercle des Gilles.

Ce dossier rappelle un autre scandale. En décembre 2024, Dr Louis Gérald Gilles avait déjà été inculpé dans une affaire de corruption à la Banque nationale de crédit (BNC). À cette époque, il avait tenté de bloquer la justice en récusant tous les juges du tribunal de première instance de Port-au-Prince, parlant de « suspicion légitime ». Il visait notamment le juge Benjamin Félismé, qui avait émis un mandat de comparution contre lui, ainsi que contre deux autres conseillers présidentiels, Smith Augustin et Emmanuel Vertilaire.
Ces faits montrent un système basé sur le pouvoir, les relations et l’utilisation de proches pour contrôler des institutions et utiliser l’argent de l’État.
Pendant ce temps, les conséquences sont graves : les ambulances ne fonctionnent pas, et la population n’a pas accès aux soins d’urgence comme il le faut.
Ni Dr Giscard Gilles ni Dr Louis Gérald Gilles n’ont répondu aux demandes de réaction.
L’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) est saisie du dossier. Elle est attendue sur des actions concrètes.
Ce scandale montre encore une fois comment l’argent public peut être utilisé au profit de quelques personnes, pendant que la population en subit les conséquences.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
