Haïti-OIT : Marc-Elie Nelson mène l’offensive sociale du gouvernement avant le rendez-vous stratégique de Genève
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Alors qu’Haïti traverse une crise économique et sociale majeure marquée par l’insécurité, le chômage et la précarité croissante des travailleurs, le gouvernement haïtien tente de repositionner les questions du travail et de la protection sociale parmi ses principales priorités diplomatiques et institutionnelles. À quelques semaines de la Conférence internationale du Travail prévue à Genève, le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, intensifie les démarches afin de renforcer la présence et le plaidoyer d’Haïti sur la scène internationale.
Dans une note de presse publiée ce jeudi 14 mai 2026, le ministère des Affaires sociales et du Travail a confirmé la participation active du ministre à la troisième journée de la mission tripartite organisée à Trinité-et-Tobago avec l’Organisation internationale du Travail (OIT). Cette importante rencontre régionale réunit des représentants du gouvernement haïtien, des organisations patronales, des syndicats de travailleurs ainsi que plusieurs partenaires internationaux autour des grands défis liés à l’emploi, au dialogue social et à la protection des travailleurs.

À travers cette mission, les autorités haïtiennes cherchent à démontrer leur volonté de moderniser les institutions du travail et de créer un cadre plus stable malgré un contexte national extrêmement difficile. Depuis plusieurs années, Haïti fait face à une détérioration accélérée des conditions de vie, à la fermeture de nombreuses activités économiques et à une fragilisation constante des travailleurs, particulièrement les jeunes, les femmes et les employés du secteur informel.
Lors de son intervention, Marc-Elie Nelson a défendu la vision sociale du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, axée sur la relance économique, la stabilité sociale, la création d’emplois décents et le renforcement progressif des mécanismes de protection sociale.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer le dialogue entre l’État, les employeurs et les travailleurs afin de prévenir l’aggravation des tensions sociales et de favoriser des solutions concertées face aux difficultés économiques auxquelles le pays est confronté.
Parmi les principaux axes défendus par la délégation haïtienne figurent :
1- le renforcement du dialogue social ;
2- la protection des droits des travailleurs ;
3- la modernisation des institutions du travail ;
4- l’amélioration des mécanismes d’inspection et de justice sociale ;
5- la promotion de l’emploi décent pour les jeunes, les femmes et les travailleurs vulnérables ;
6- le renforcement progressif des mécanismes de protection sociale.
L’un des moments majeurs de cette mission reste la signature du Programme de pays de l’OIT pour Haïti par le ministre Marc-Elie Nelson. Ce cadre stratégique vise à renforcer la coopération entre Haïti et l’Organisation internationale du Travail autour des questions liées à l’emploi, au dialogue social, à la protection sociale et au renforcement institutionnel.
Selon les autorités, ce document permettra également au Bureau international du Travail (BIT) de mieux adapter son accompagnement aux priorités définies par l’État haïtien et de soutenir plus efficacement les projets liés au développement social et à la modernisation du secteur du travail.
Au-delà du cadre technique, cette mission représente aussi un enjeu diplomatique important pour le gouvernement haïtien, qui cherche à convaincre ses partenaires internationaux de maintenir leur soutien malgré la crise multidimensionnelle qui secoue le pays. À travers cette offensive sociale et diplomatique, les autorités tentent de projeter l’image d’un État encore capable de défendre des politiques publiques en faveur des travailleurs et du développement humain.
Le ministre Marc-Elie Nelson a enfin salué le soutien du directeur de l’OIT pour les Caraïbes, Joni Musabayana, ainsi que l’implication des différents partenaires ayant participé aux travaux préparatoires à la Conférence internationale du Travail.
À l’approche du rendez-vous stratégique de Genève, le gouvernement haïtien espère désormais porter une voix plus forte sur les défis sociaux et économiques du pays et obtenir un accompagnement international plus structuré pour tenter de reconstruire des institutions du travail fragilisées par des années de crises politiques, économiques et sécuritaires.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
