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Sous le silence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Graduel Francisque utilise illégalement les moyens du Sénat pour construire sa campagne électorale dans le Nord-Ouest

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Lettres officielles du Sénat, interventions administratives, demandes sécuritaires, tournées politiques et distributions massives de fiches gaz : Graduel Francisque, président de la Commission de gestion administrative du Sénat haïtien et candidat déclaré à la députation pour Môle-Saint-Nicolas/Mare-Rouge, utilise depuis plusieurs mois les ressources, l’influence et le prestige institutionnel du Sénat haïtien pour préparer sa campagne électorale dans le Nord-Ouest, sous le silence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Selon plusieurs témoignages recueillis dans la commune, plus de 500 000 gourdes en fiches gaz auraient déjà été distribuées entre le 16 et le 18 mai 2026 dans plusieurs localités de Mare-Rouge et de Môle-Saint-Nicolas afin d’encourager la population à soutenir sa candidature.

Derrière des rencontres présentées comme des activités communautaires ou sociales, plusieurs habitants dénoncent une stratégie de séduction politique basée sur l’exploitation directe de la misère sociale dans une région frappée par le chômage, l’insécurité et l’abandon institutionnel.

Mais les distributions de fiches gaz ne constituent qu’une partie de ses dégâts.

Depuis plusieurs mois, des lettres officielles portant l’en-tête du Sénat de la République, des références administratives officielles et la signature de Graduel Francisque circulent massivement sur les réseaux sociaux, renforçant les soupçons d’utilisation de son titre institutionnel à des fins électorales.

Parmi les documents les plus dénoncés figure une lettre datée du 16 février 2026, référencée « SRH-CGS-gd-420-26 », adressée à Fred Joseph, directeur départemental de la Police nationale d’Haïti du Nord-Ouest.

Lettre officielle datée du 16 février 2026, signée par Graduel Francisque comme président de la Commission de gestion administrative du Sénat, réclamant un renforcement sécuritaire à Mare-Rouge tout en rappelant son statut d’ancien candidat à la députation de Môle-Saint-Nicolas, une démarche largement dénoncée sur les réseaux sociaux comme une utilisation politique des moyens du Sénat haïtien.

Dans cette correspondance portant le sceau officiel du Sénat haïtien, Graduel Francisque réclame un « renforcement urgent du dispositif sécuritaire au sous-commissariat de Mare-Rouge (2e section communale de Môle-Saint-Nicolas) » afin de démontrer sa capacité à être un bon député tout en utilisant les moyens du Sénat.

Mais ce qui avait particulièrement provoqué l’indignation sur les réseaux sociaux, c’est le fait que Graduel Francisque mélangeait ouvertement sa fonction institutionnelle et son ambition politique personnelle. Dans cette même lettre officielle, il se présentait à la fois comme président de la Commission de gestion administrative du Sénat et comme « ancien candidat à la députation de Môle-Saint-Nicolas ».

Le 27 avril 2026, une nouvelle correspondance référencée « RH/GF/-14-26 » et adressée à Henry Dolcine, directeur départemental d’Éducation du Nord-Ouest (DDE-NO), est venue renforcer les critiques.

Lettre datée du 27 avril 2026 adressée à Henry Dolcine, directeur départemental d’Éducation du Nord-Ouest (DDE-NO), dans laquelle Graduel Francisque intervient officiellement dans plusieurs dossiers d’enseignants du Môle-Saint-Nicolas et de Bombardopolis. Après les dénonciations visant l’utilisation de l’en-tête officiel du Sénat haïtien dans ses démarches politiques, Graduel Francisque abandonne le papier officiel du Sénat, mais continue néanmoins d’utiliser son titre de président de la Commission de gestion administrative du Sénat dans des correspondances administratives à forte portée politique dans le Nord-Ouest.

Dans cette lettre signée comme président de la Commission de gestion administrative du Sénat, Graduel Francisque intervient officiellement dans plusieurs dossiers liés à des enseignants du Môle-Saint-Nicolas, de Bombardopolis, de Mare-Rouge et d’autres localités du département.

Le document cite notamment :

1- Docima Dorsainvil ;

2- Thomas Madiou ;

3- Ferdinand Beauplan ;

4- Henri Normil de Bombardopolis ;

ainsi que plusieurs écoles de Lavallière, Cadieu, Corosse, Côte-de-Fer, Dame-Marie, Ramadoux, Platon Diany et Leblanc.

Dans cette correspondance, Graduel Francisque affirme même que « le dossier complet des personnes concernées a été acheminé au bureau central du MENFP, notamment à la Direction des Ressources humaines pour les suites administratives ».

Pour plusieurs observateurs, ces démarches dépassent largement le simple rôle d’un élu ou d’un responsable public et traduisent une utilisation progressive du poids institutionnel du Sénat dans une stratégie de consolidation électorale locale.

Ces pratiques constituent un abus de fonction et une utilisation politique des moyens institutionnels de l’État, en violation des principes d’impartialité administrative et d’équité électorale.

Graduel Francisque, président de la Commission de gestion administrative du Sénat haïtien et candidat déclaré à la députation pour Môle-Saint-Nicolas/Mare-Rouge.

Pour plusieurs acteurs locaux, Graduel Francisque ne sépare désormais plus ses ambitions électorales de ses fonctions institutionnelles, transformant progressivement le Sénat haïtien en plateforme de campagne personnelle dans le Nord-Ouest.

Pendant ce temps, le silence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé continue d’alimenter les critiques. Jusqu’à présent, ni le gouvernement, ni le Conseil électoral provisoire (CEP), ni l’ULCC, ni les autres institutions de contrôle de l’État n’ont annoncé d’enquête ou de rappel à l’ordre malgré les documents officiels, les signatures institutionnelles et les dénonciations publiques qui circulent depuis plusieurs mois.

Dans un pays où la population survit entre faim, insécurité et abandon institutionnel, plusieurs habitants du Nord-Ouest dénoncent désormais une campagne politique construite sur l’exploitation de la misère sociale et l’utilisation progressive de l’appareil d’État comme machine électorale personnelle.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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