Plus de 100 000 expulsions en République Dominicaine et une chute historique des accouchements d’Haïtiennes annonce l’OPM
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L’Observatoire des Politiques Migratoires (OPM) de la République Dominicaine a présenté son troisième rapport de travail au sein de l’Institut technologique de Saint-Domingue (Intec) ce lundi 18 mai 2026. Ce document évalue la première année de mise en œuvre des 15 mesures d’urgence décrétées par le pouvoir exécutif dominicain face à la crise migratoire. Les résultats révèlent une dynamique contrastée, avec des taux d’exécution oscillant entre 20 % et 137 % selon les secteurs, affirme l’OPM
l’observatoire indique que le protocole d’enregistrement migratoire dans les hôpitaux publics affiche un taux de réussite de 100 %. Cette mesure, selon eux a généré une « économie substantielle » pour l’État, entraînant une baisse spectaculaire de 63,15 % des accouchements de citoyennes haïtiennes en janvier 2026. Par ailleurs, 596 femmes en couches ont été expulsées après leur stabilisation médicale.
L’OPM poursuit en relatant que sur le plan des infrastructures, la construction des 13 kilomètres supplémentaires de la barrière frontalière a atteint 25 % de son objectif, poussant les autorités à réclamer le déploiement d’un « mur technologique » dans les zones accidentées.

Sur le front des rapatriements, l’objectif gouvernemental de reconduire 10 000 étrangers par semaine a atteint une efficacité de 33 %, maintenant un rythme systématique qui a permis de dépasser la barre des 100 000 expulsions. En parallèle, les opérations de contrôle ont mené à l’arrestation de plus de 50 000 clandestins et à la poursuite judiciaire de 239 passeurs, entraînant la destitution de neuf membres de l’armée. Cependant, le président de l’OPM, Miguel Franjul, a pointé du doigt la persistance de réseaux d’extorsion qui libèrent les migrants contre rançon le long de la frontière.
L’observatoire souligne que le principal point noir du rapport réside dans la nationalisation du travail. L’initiative visant à intégrer les Dominicains dans l’agriculture et la construction, en leur garantissant le maintien des aides sociales du programme Supérate a essuyé un échec cuisant avec seulement 20 % d’efficacité. L’observatoire déplore un désintérêt local pour les tâches physiques exigeantes, et ce, malgré des rémunérations attractives. L’OPM prévoit une nouvelle mission sur le terrain en juin afin d’évaluer l’impact direct de ces mesures sur les populations frontalières.
Entre temps, le gouvernement haïtien continue à se conformer dans son mutisme face aux méthodes scientifiques appliquées par les dominicains. Ils attendent encore les prières des basiliques et un miracle de Perpétuel pour aider le pays à s’en sortir pendant que la population haïtienne se livre à tout pour fuir cet enfer généré par le mal gouvernance.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
