Affaire Jovenel Moïse : l’épouse de Jean-Monard Métellus publie une lettre ouverte pour prendre la défense de son mari
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À la veille de l’audition de Jean-Monard Métellus dans l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, son épouse, Mirline Dorvilier Métellus, a publié une lettre ouverte dans laquelle elle prend sa défense.
Dans cette correspondance rendue publique le dimanche 9 août 2026, elle revient sur près de quarante années de vie familiale marquées, selon son récit, par l’engagement du journaliste envers Haïti.
Jean-Monard Métellus doit être entendu comme témoin. Son épouse affirme cependant vivre difficilement les soupçons et les critiques formulés contre lui avant son audition.

« Aujourd’hui, je ne demande ni privilège ni faveur. Je demande simplement que l’on regarde cet homme intègre, Jean-Monard Métellus, avec justice, avec honnêteté et avec la mémoire de tout ce qu’il a donné », écrit-elle.
Mirline Dorvilier Métellus décrit les conséquences des longues absences de son mari sur leur famille. Elle affirme avoir élevé presque seule leurs enfants à l’étranger pendant qu’il poursuivait ses activités journalistiques et participait aux débats publics en Haïti.
Elle évoque notamment des anniversaires, des rencontres sportives, des réunions scolaires et des cérémonies de remise de diplômes auxquels il n’aurait pas assisté.
« J’ai été, à la fois, la mère et le père », confie-t-elle.
Selon son témoignage, elle aurait abandonné ses études universitaires et plusieurs projets personnels pour assurer la stabilité de la famille. Jean-Monard Métellus ne passait, dit-elle, que quelques semaines par année auprès de ses proches.
Elle présente son mari comme un journaliste attaché à Haïti, qui aurait refusé de quitter définitivement le pays malgré les risques et ses problèmes de santé. Elle estime aujourd’hui que son parcours et les sacrifices consentis par leur famille ne doivent pas être ignorés.
« Comment peut-on consacrer plus de trente ans de sa vie à une nation et voir, un jour, son dévouement remis en question ? », demande-t-elle.
La lettre constitue la position personnelle d’une épouse face à la situation judiciaire de son mari.
Jean-Monard Métellus avait fait l’objet d’un mandat d’amener émis le 24 juin 2026 par le juge d’instruction Jean-Denis Cyprien dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, après plusieurs convocations auxquelles l’animateur de l’émission « Ranmase » sur Radio Télévision Caraïbes ne s’était pas présenté.
Résidant à Montréal, il avait déclaré, au début du mois de juillet, qu’il n’entendait pas fuir la justice. Il avait toutefois réclamé des garanties de sécurité avant de rentrer en Haïti.
Dans un communiqué publié le 6 juillet 2026 à Montréal, le journaliste avait également exprimé sa volonté de coopérer avec les autorités judiciaires haïtiennes. Jean-Monard n’était pas un adversaire politique direct de Jovenel Moïse, mais un journaliste et animateur de radio très critique envers sa gouvernance et très proche de ses adversaires politiques.
Son audition est prévue ce lundi 10 août 2026. À l’approche de cette échéance, son épouse appelle les autorités à garantir une procédure équitable. Elle termine sa lettre par ces mots : « Haïti chérie, n’oublie pas ceux qui ont cru en toi ! »
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
