Affaire Eno Zéphyrin : après l’alerte du RHAJAC, le ministre de la Justice ordonne la libération d’Emmanuel Lundi
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La situation du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance du Cap-Haïtien, Me Eno Zéphyrin, connaît un tournant majeur. Après une note d’alerte publiée par le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) exigeant sa révocation immédiate, le ministre de la Justice, Me Patrick Pélissier, a ordonné la libération immédiate d’Emmanuel Lundi, violemment battu et blessé lors d’un incident impliquant le magistrat. Une information confirmée par plusieurs sources locales.
Les faits remontent au vendredi 9 janvier 2026, sur le boulevard de Carénage, dans un contexte d’opérations de démolition menées par la délégation départementale du Nord contre des entreprises jugées non conformes. À la suite d’une altercation, Me Eno Zéphyrin a affirmé avoir été agressé. Cependant, une vidéo devenue virale contredit cette version, montrant qu’Emmanuel Lundi était déjà menotté, maîtrisé et ne représentait plus aucune menace lorsqu’il a été violemment frappé, giflé et ensuite placé en garde à vue de manière jugée illégale.
Dans sa note d’alerte datée du 11 janvier 2026, le RHAJAC dénonce une « violation flagrante de la loi et des principes fondamentaux de l’État de droit ». L’organisation estime que le commissaire du gouvernement s’est rendu justice lui-même, abusant de son autorité en portant personnellement des coups à un citoyen sous l’œil des caméras. Le réseau exige non seulement la révocation immédiate de Me Eno Zéphyrin, mais aussi l’ouverture de poursuites judiciaires et le dédommagement intégral de la victime pour les préjudices subis.
Selon des informations disponibles, le ministre de la Justice aurait également engagé des démarches en vue de la révocation prochaine du commissaire du gouvernement, qui pourrait être traduit en justice pour violation des droits humains. Cette affaire suscite une vive indignation au sein de l’opinion publique et relance le débat sur l’abus d’autorité, l’impunité et la nécessité de faire respecter strictement l’État de droit en Haïti, y compris par ceux qui sont chargés de l’incarner.
Gerlanda F.