Coupe du monde 2026 : 5 millions de dollars dépensés, images floues et signal défaillant, le fiasco Accès Haïti éclate dès le match d’ouverture
4 min read
Alors que la Coupe du monde 2026 suscite déjà un immense engouement à travers la planète, son lancement en Haïti s’apparente à un véritable fiasco sur le plan de la retransmission télévisée. Le plus troublant dans cette affaire est que les contribuables haïtiens auraient payé jusqu’à cinq fois plus cher pour un service aujourd’hui largement dénoncé pour sa mauvaise qualité.
La compétition a été officiellement lancée le 11 juin 2026 au Mexique. Pour le match d’ouverture, la sélection mexicaine s’est imposée 2 buts à 0 face à l’Afrique du Sud grâce à des réalisations de Julian Quiñones et de Raúl Jiménez. Devant son public, le pays coorganisateur a réussi son entrée dans le tournoi et s’est positionné favorablement dans le groupe A.
Pendant que des millions de téléspectateurs à travers le monde suivaient cette rencontre historique, le démarrage du Mondial en Haïti a été marqué par de nombreux problèmes techniques. Plusieurs médias n’ont pas été en mesure de capter les signaux à temps, tandis que d’autres ont dû recourir aux images de médias étrangers afin d’assurer la couverture des rencontres.
Au centre des critiques figure Accès Haïti, détentrice des droits de diffusion au nom de l’État haïtien. Depuis le coup d’envoi de la compétition, l’entreprise fait l’objet de nombreuses dénonciations concernant la qualité du signal fourni aux médias. Images floues, transmission instable, interruptions techniques et difficultés de réception ont alimenté la frustration de plusieurs professionnels du secteur ainsi que celle du public.

Cette situation soulève d’autant plus de questions que les montants engagés pour l’acquisition des droits de retransmission sont considérables.
Selon les informations recueillies par notre rédaction, les droits de diffusion ont été acquis pour environ un million de dollars américains par Allen Bayard, propriétaire d’Accès Haïti et proche du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, avant d’être revendus à l’État haïtien pour près de quatre millions de dollars supplémentaires.
Autrement dit, selon ces informations, les contribuables haïtiens auraient déboursé près de cinq millions de dollars pour un produit qui pouvait être obtenu pour environ un million. Pourtant, malgré cette dépense exceptionnelle, les premiers résultats observés sont marqués par des défaillances techniques et une qualité de service largement contestée.
Les critiques portent également sur les liens existant entre cette transaction et le Premier ministre démissionnaire. Alix Didier Fils-Aimé est notamment cité parmi les associés d’Accès Haïti, alimentant davantage les interrogations autour de cette opération financière.
Au final, une question s’impose : comment expliquer qu’un contrat ayant coûté plusieurs millions de dollars aux contribuables haïtiens débouche sur des images floues, des coupures de signal et l’obligation pour certains médias de se tourner vers des chaînes étrangères afin de diffuser la plus grande compétition sportive de la planète ?
Alors que la Coupe du monde 2026 ne fait que commencer, cette affaire risque déjà de devenir l’un des dossiers les plus controversés de cette édition en Haïti. Car au-delà des chiffres, c’est une réalité qui choque de nombreux observateurs : l’État aurait payé beaucoup plus cher pour obtenir un service que plusieurs médias jugent aujourd’hui largement inférieur aux attentes.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
