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Kenscoff sous le feu des gangs : des attaques annoncées, des morts, des déplacés, André Jonas Vladimir Paraison et le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé sommés de répondre

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Jeudi 9 juillet 2026 – Depuis le lundi 6 juillet 2026, la commune de Kenscoff est le théâtre d’une nouvelle vague de violences attribuée à la coalition de gangs criminels « Viv Ansanm ». En seulement quelques jours, les localités de Robin, Fermathe et plusieurs zones avoisinantes ont subi des attaques armées répétées, marquées par des incendies de maisons, des assassinats, des déplacements forcés et une profonde détresse parmi la population.

Selon plusieurs informations recueillies sur le terrain, les offensives ont débuté dès les premières heures du lundi 6 juillet, avant de se poursuivre dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 juillet, puis encore au cours de la journée du jeudi 9 juillet 2026. Les assaillants, lourdement armés, auraient lancé des attaques simultanées sur plusieurs axes afin de compliquer l’intervention des forces de l’ordre.
Pour de nombreux habitants, cette nouvelle tragédie était pourtant annoncée.

Quelques jours avant les attaques, des alertes avaient circulé sur une offensive imminente contre Kenscoff. Des citoyens avaient tiré la sonnette d’alarme sur les réseaux sociaux et auprès des autorités. De son côté, le chef de gang Didy, plus connu sous le nom de Izo, avait publiquement affirmé qu’aucun territoire ne lui résisterait s’il décidait de s’en emparer, citant notamment Fermathe parmi les secteurs visés.

Quelques jours plus tard, les faits semblaient confirmer ces menaces.
Cette succession d’événements soulève aujourd’hui une série de questions auxquelles les autorités sont appelées à répondre.

Si les attaques étaient annoncées, pourquoi n’ont-elles pas été empêchées ?
À quoi servent les services de renseignement lorsque des groupes criminels peuvent annoncer leurs offensives avant de les exécuter ?
Pourquoi les habitants de Kenscoff ont-ils encore dû fuir leurs maisons alors que le danger semblait connu ?

Les critiques visent désormais directement la direction générale de la Police nationale d’Haïti (PNH). À sa tête, André Jonas Vladimir Paraison est confronté à une pression croissante. Malgré les nombreuses déclarations annonçant une intensification de la lutte contre les gangs, les offensives de la coalition criminelle « Viv Ansanm » continuent de gagner du terrain.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé met pourtant en avant les efforts consentis dans le domaine de la sécurité. Des véhicules blindés ont été acquis, des unités spécialisées ont été renforcées, des partenaires internationaux ont fourni un appui logistique et financier, tandis que des équipements technologiques, notamment des drones, ont été évoqués comme des outils destinés à améliorer la surveillance des zones sensibles.
Pour une partie de la population, les résultats restent difficilement perceptibles.

Où étaient les drones lorsque les routes menant à Kenscoff étaient bloquées par des barricades ?
Pourquoi ces équipements n’ont-ils pas permis d’identifier les mouvements des groupes armés avant leurs attaques ?
Pourquoi les renforts semblent-ils intervenir après les offensives plutôt qu’avant ?
Comment expliquer que plusieurs localités aient été attaquées presque simultanément sans qu’une réponse préventive ne soit visible ?

Autre sujet de préoccupation : plusieurs habitants affirment que les groupes armés utilisent désormais des tactiques de plus en plus élaborées. Les assaillants attaqueraient sur plusieurs fronts à la fois, profiteraient du relief montagneux de Kenscoff et chercheraient à ralentir les interventions policières en bloquant les principaux axes routiers.

Face à cette situation, certains observateurs estiment que le courage des policiers engagés sur le terrain ne suffit plus à compenser les difficultés liées à la planification, au renseignement et à la coordination des opérations. Beaucoup d’agents travaillent dans des conditions extrêmement difficiles et risquent quotidiennement leur vie, mais plusieurs voix réclament une stratégie plus efficace au niveau du commandement.

Pendant ce temps, les conséquences humanitaires continuent de s’aggraver. Depuis le 6 juillet, des familles entières ont abandonné leurs maisons, des enfants ont été contraints d’interrompre leur scolarité et plusieurs habitants vivent désormais dans la peur d’une nouvelle offensive. Les pertes matérielles s’ajoutent à un lourd traumatisme psychologique pour une population déjà éprouvée par des années de violence.

Au-delà des opérations de terrain, de nombreux citoyens réclament désormais des explications sur l’utilisation des importantes ressources consacrées à la sécurité nationale.

Où sont passés les moyens annoncés ?
Pourquoi les investissements réalisés avec l’appui de partenaires internationaux ne se traduisent-ils pas par une amélioration visible de la sécurité ?
Comment la coalition criminelle « Viv Ansanm » continue-t-elle à lancer des attaques coordonnées malgré les dispositifs de sécurité annoncés ?

En ce jeudi 9 juillet 2026, alors que les habitants de Kenscoff continuent de vivre dans l’angoisse, une certitude s’impose : chaque nouvelle attaque affaiblit davantage la confiance de la population envers les institutions. Les citoyens attendent désormais des réponses précises, des mesures concrètes et surtout des résultats capables de mettre fin à la progression des groupes criminels qui continuent de défier ouvertement l’autorité de l’État.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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