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L’insécurité s’enracine : le cri de détresse étouffé de la plaine du Cul-de-Sac

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La terreur franchit un nouveau cap ce dimanche 10 mai dans les zones de Sarthe, Blanchard, Terre-Noire et Duvivier. Depuis plusieurs jours, ces localités sont le théâtre d’affrontements d’une rare violence où les balles pleuvent sans discontinuer sur les habitations. Les gangs armés avaient convenu de prendre une pause mais cela n’a pas contribué à débloquer la situation.

Livrée à elle-même, la population civile s’emmure dans une détresse profonde, ne trouvant plus de refuge face à une insécurité qui gagne chaque jour du terrain. Cette situation poussée par la volonté des bandes à « chyen mechan, Jeff gwo lwa et Lanmò 100 jou » de vouloir contrôler la zone de terre noire, route neuve et Sarthe qui se trouve sous le contrôle d’un dénommé Ti katel, appuyé par certains de ses alliés.

Photo illustrant la crise sécuritaire majeure qui frappe Haïti, traduisant le contrôle des gangs armés sur les zones abandonnées par l’état haïtien

Face à cette apocalypse quotidienne, l’exécutif semble s’enfermer dans l’inertie. Le duo composé d’Alix Didier Fils-Aimé, chef du CSPN, et d’André Jonas Vladimir Paraison, Directeur général de la PNH, est vivement critiqué pour son inefficacité. Entre promesses non tenues et incompétence notoire, les deux responsables peinent à redresser la barre, laissant l’image d’une gouvernance sécuritaire totalement dépassée par les événements.

Le constat est d’une amertume sans précédent : l’État haïtien semble avoir abdiqué de sa mission régalienne de protection. Incapables d’assurer la légitime défense des citoyens, les autorités obligent ces derniers à se terrer chez eux dans l’angoisse. Désillusionnés par les institutions, les résidents de ces quartiers sinistrés ne placent désormais leurs espoirs qu’en une intervention divine pour espérer un retour au calme.

Pendant ce temps, un fossé béant se creuse entre la réalité du terrain et le comportement des dirigeants. Tandis que les banlieues s’embrasent, les autorités continuent de circuler dans le peu de rue qui reste de la zone métropolitaine de Port-au-Prince à grand renfort de sirènes et de cortèges ostentatoires. Ce décalage flagrant témoigne d’une indifférence manifeste envers une population qui meurt à petit feu, abandonnée par ceux-là mêmes qui ont la charge de la servir.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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