Washington durcit le ton face à Cuba et intensifie sa surveillance
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Le président Donald Trump a récemment clarifié la posture de son administration vis-à-vis de Cuba, signalant un changement de priorité dans la politique étrangère américaine. Lors d’un entretien accordé à l’émission Full Measure de Sharyl Attkinson diffusée le 10 mai 2026, le chef de l’État a affirmé sa volonté de traiter fermement le dossier cubain. Qualifiant l’île de pays « en déclin depuis des années », il a laissé entendre que des actions décisives étaient imminentes pour clore ce chapitre diplomatique.
La gestion directe des relations avec La Havane semble désormais centralisée au sommet de la diplomatie américaine. Interrogé sur l’existence de canaux de communication avec les autorités cubaines, Donald Trump a désigné le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, comme le principal maître d’œuvre de cette stratégie.

Cette délégation souligne l’importance accordée à ce dossier, Rubio étant historiquement connu pour sa ligne de conduite intransigeante envers le gouvernement cubain. Parallèlement à cette rhétorique politique, une activité militaire accrue a été observée dans la région. Selon des données de Flightradar24 relayées par CNN, les forces américaines ont intensifié leurs opérations de reconnaissance. Depuis le début du mois de février 2026, pas moins de 25 vols de renseignement ont été répertoriés à proximité immédiate de l’espace aérien cubain, témoignant d’une surveillance constante et d’une pression technique renforcée.
Ces missions de surveillance mobilisent une panoplie de moyens technologiques diversifiés, incluant à la fois des avions pilotés et des drones de haute précision. Les rapports indiquent que les opérations se concentrent principalement autour de zones stratégiques, notamment la capitale, La Havane, et la ville de Santiago de Cuba. Cette présence aérienne quasi quotidienne marque un tournant dans la visibilité des activités de renseignement américaines dans les Caraïbes.
L’aspect le plus frappant de ces manœuvres réside dans la proximité des incursions, certains appareils ayant évolué à moins de 65 kilomètres des côtes cubaines. Cette intensification de la présence américaine, couplée aux déclarations présidentielles, laisse présager une période de fortes tensions bilatérales. Entre pressions diplomatiques et démonstrations de force technologique, Washington semble avoir définitivement replacé la question cubaine au cœur de son agenda sécuritaire.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
