Marchand-Dessalines assiégée, peuple abandonné : André Jonas Vladimir Paraison de plus en plus contesté face à l’effondrement sécuritaire
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MARCHAND-DESSALINES, Artibonite, 10 juin 2026 — La peur s’est installée dans la commune de Marchand-Dessalines où des informations faisant état de mouvements de groupes armés continuent d’alimenter l’inquiétude de la population. Dans plusieurs quartiers, des habitants rapportent la présence d’individus lourdement armés qui auraient été aperçus dans les environs de la ville, suscitant de vives craintes quant à une éventuelle attaque contre des infrastructures publiques.
Selon des témoignages recueillis sur place, plusieurs hommes armés auraient été vus portant des uniformes similaires à ceux utilisés par certaines unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti. Cette situation contribue à accroître la confusion et la psychose au sein d’une population déjà éprouvée par des mois d’insécurité et d’incertitude.
Des rumeurs persistantes circulaient mercredi matin autour d’éventuelles menaces visant le bâtiment de la mairie de Marchand-Dessalines. Si ces informations n’ont pas été officiellement confirmées, elles ont suffi à provoquer un vent de panique dans plusieurs secteurs de la commune. Certains commerces ont gardé leurs portes fermées tandis que de nombreuses familles ont préféré rester confinées chez elles.
Face à cette situation alarmante, les habitants dénoncent ce qu’ils considèrent comme un abandon progressif de leur commune par les autorités centrales. Plusieurs citoyens interrogés expriment leur colère devant l’absence de mesures visibles capables de rassurer la population ou de prévenir une éventuelle offensive des groupes armés.
« Nous vivons chaque jour dans l’attente d’une attaque. Personne ne vient nous protéger. Nous sommes livrés à nous-mêmes », confie un résident rencontré dans le centre-ville.
Dans les rues de Marchand-Dessalines, un même sentiment domine : celui d’une population fatiguée de lancer des appels à l’aide sans obtenir de réponses concrètes. Des leaders communautaires affirment avoir alerté à plusieurs reprises les autorités sur la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs localités de l’Artibonite.
Cette montée de la tension remet également sous les projecteurs le bilan de la direction générale de la Police nationale d’Haïti. Alors que le directeur général, André Jonas Vladimir Paraison, avait hérité d’une institution confrontée à d’immenses défis, de nombreux citoyens estiment que les résultats tardent à se faire sentir sur le terrain. Dans plusieurs communes de l’Artibonite, les habitants dénoncent une présence policière insuffisante face à des groupes armés qui continuent d’étendre leur influence.
Pour plusieurs observateurs, la situation actuelle illustre les difficultés persistantes de l’État à reprendre le contrôle de territoires de plus en plus exposés à la violence. Pendant que les groupes criminels multiplient les démonstrations de force, les populations civiles demeurent les premières victimes de l’effondrement de la sécurité publique.
À Marchand-Dessalines, le cri de détresse des habitants devient de plus en plus pressant. Derrière les chiffres et les rapports officiels, ce sont des familles entières qui vivent dans la peur permanente, sans savoir ce que leur réserve le lendemain.
Alors que la menace continue de planer sur cette commune historique de l’Artibonite, beaucoup réclament des actions immédiates plutôt que de nouvelles promesses. Pour ces citoyens abandonnés à leur sort, la question n’est plus de savoir si l’État est informé de leur situation, mais s’il est encore capable d’y répondre.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
